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En direct. Munich : "L'absence de l'Europe à la table des négociation est une grave erreur", estime Zelensky

Discours Volodymyr Zelensky à la Conférence de Munich, le 14 février 2026
Discours Volodymyr Zelensky à la Conférence de Munich, le 14 février 2026 Tous droits réservés  AP Photo/Michael Probst
Tous droits réservés AP Photo/Michael Probst
Par Tamsin Paternoster & Alice Tidey & Johanna Urbancik, Maria Tadeo, Alexander Kazakevich
Publié le Mis à jour
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En direct : les leaders mondiaux prennent la parole à la Conférence de Munich sur la sécurité.

Les dirigeants mondiaux se retrouvent pour une deuxième journée décisive à la Conférence de Munich sur la sécurité, dominée par l'Ukraine et l'avenir des relations transatlantiques, au cœur de toutes les tractations.

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Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a salué le prêt de 90 milliards d'euros accordé par l’UE, tout en appelant à des mesures renforcées pour assécher les revenus du Kremlin, notamment en bloquant la flotte fantôme de pétroliers russes. Il a également dénoncé l'absence de l'Europe à la table des négociations comme une "grave erreur" et insisté sur la nécessité d'impliquer pleinement les Vingt-Sept pour garantir une paix durable et une sécurité réelle.

Dans un discours très attendu, Marco Rubio a déclaré que les États-Unis souhaitaient "revitaliser" une "vieille amitié" avec l'Europe. Il a toutefois maintenu la ligne de l'administration américaine, estimant que l'ordre international fondé sur des règles, né après la Seconde Guerre mondiale, portait atteinte à la souveraineté des États et avait favorisé une immigration de masse ayant, selon lui, déstabilisé les pays occidentaux.

Les équipes d’Euronews sont sur place à Munich pour vous apporter les dernières informations. Suivez notre direct :

Barrot rend hommage à Navalny

"Il y a deux ans, Alexeï Navalny décédait des suites d’un empoisonnement lié à un des agents neurotoxiques les plus mortels", a écrit sur X le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, rendant hommage à "cette figure de l’opposition, tuée pour son combat en faveur d'une Russie libre et démocratique".

Nous savons désormais que Vladimir Poutine est prêt à utiliser l’arme chimique contre son propre peuple pour se maintenir au pouvoir.
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Réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Munich

Les ministres des Affaires étrangères de la France, du Canada, de l'Italie, du Japon, d'Allemagne, du Royaume-Uni et des États-Unis, ainsi que la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, se sont réunis en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité.

Selon un communiqué du Quai d'Orsay, cette rencontre informelle a été l’occasion pour le ministre Jean-Noël Barrot "de présenter à ses homologues les grandes priorités de la présidence française du G7" en 2026 :

  • le traitement des grands déséquilibres macroéconomiques mondiaux,
  • et la refonte du modèle de partenariats internationaux, notamment sur les questions de narcotrafic et de criminalité organisée.

"Bientôt 4 ans jour pour jour après l'invasion russe en Ukraine, [...] les membres du G7 ont réaffirmé leur soutien indéfectible à l'Ukraine dans la défense de sa liberté, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale", peut-on lire dans le communiqué.

Une attention particulière a été portée à la manière dont le G7 continuera à soutenir le secteur énergétique ukrainien, cible des attaques directes de la Russie.

Les participants ont aussi évoqué plusieurs crises internationales (Gaza, Iran, Venezuela, Indo‑Pacifique, Soudan, Haïti) et ont souligné l'importance d'associer les pays émergents aux travaux du G7, notamment sur la gouvernance mondiale et la sûreté maritime.

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Yulia Navalnaïa : "Vladimir Poutine est un meurtrier. Il doit répondre de tous ses crimes"

"Des scientifiques de cinq pays européens ont établi que mon mari, Alexeï Navalny, a été empoisonné à l’épibatidine, une neurotoxine parmi les plus mortelles au monde", a déclaré la veuve de l'opposant russe, Yulia Navalnaïa, dans un message publié sur les réseaux sociaux.

"Dans la nature, ce poison se trouve sur la peau de la grenouille à flèches d’Équateur. Il provoque paralysie, arrêt respiratoire et mort douloureuse", a-t-elle ajouté.

J'étais certaine dès le premier jour que mon mari avait été empoisonné, mais maintenant j'en ai la preuve : Poutine a tué Alexeï avec une arme chimique.

Elle a exprimé sa gratitude envers les États européens "pour le travail méticuleux mené pendant deux ans et pour avoir mis au jour la vérité".

"Vladimir Poutine est un meurtrier. Il doit répondre de tous ses crimes", a conclu Yulia Navalnaïa.

L'épouse de l'opposant russe avait appris la mort de son mari le vendredi 16 février, alors qu’elle participait à la 60e Conférence de Munich sur la sécurité où elle avait été invitée. Elle est revenue à la Conférence l'an passé et y assiste de nouveau cette année pour poursuivre son engagement international.

Kay Nietfeld/dpa via AP

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Navalny tué par l'État russe, affirment cinq pays européens

L'opposant russe Alexeï Navalny, décédé il y a deux ans dans une colonie pénitentiaire en Arctique, a été assassiné par l'État russe à l'aide d'un puissant agent neurotoxique, affirment, dans une déclaration commune en marge de la Conférence de Munich, les gouvernements allemand, britannique, suédois et néerlandais.

Le Royaume-Uni, la Suède, la France, l'Allemagne et les Pays-Bas sont convaincus qu'Alexeï Navalny a été empoisonné avec une toxine mortelle. Nous et nos partenaires utiliserons tous les leviers politiques à notre disposition pour continuer à demander des comptes à la Russie.

Les cinq pays ont déclaré que " la Russie disposait des moyens, du mobile et de l'occasion pour administrer ce poison". Ils ont indiqué qu'ils allaient saisir l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques pour violation de la Convention sur les armes chimiques.

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Zelensky : "On ne sauve pas des vies en disant merci"

Interrogé sur ses prévisions pour l'année à venir, le président ukrainien a répondu que sa priorité immédiate est "le lendemain".

"On ne sauve pas des vies en disant merci", a-t-il ajouté, soulignant que l'Ukraine a besoin de garanties de sécurité solides pour rester protégée lorsque le conflit prendra fin.

Il est également revenu sur l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne. Le dirigeant ukrainien a réclamé un calendrier fixe pour l'intégration de Kyiv, poussant l’exécutif européen à repenser sa politique traditionnelle d'élargissement "fondée sur le mérite".

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Rutte : "Aucune raison historique" pour l’invasion russe de l'Ukraine

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a fermement rejeté l'idée selon laquelle il existerait des "raisons historiques" justifiant l'invasion de l'Ukraine par la Russie. "Il n'y avait absolument aucune raison pour que les Russes envahissent l'Ukraine", a-t-il déclaré.

Ni en 2014 avec l'[annexion] de la Crimée, ni lors de l'invasion à grande échelle fin février 2022 : c'est absolument, absolument faux.

Sur les garanties de sécurité, il a insisté : la priorité absolue pour l’OTAN est que l’alliance reste unie.

Ces derniers jours, il y a eu un énorme changement de mentalité au sein de l'OTAN : les Européens prennent désormais davantage de responsabilités et un rôle de leadership pour leur propre défense.

Rutte a également défendu le rôle du président américain Donald Trump dans le processus de paix, qualifiant de "réussie" une réunion qui s’est tenue le 6 janvier à Paris.

AP Photo/Michael Probst

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Zelensky : "Donnez-nous un cessez-le-feu de deux mois et nous organiserons des élections"

Le président ukrainien a déclaré que son pays est "prêt" à organiser des élections, mais seulement si un cessez-le-feu de deux mois est respecté.

Organiser des élections sous les bombardements est tout simplement impossible. Je ne sais pas qui a une telle expérience. Nous, nous n'en avons pas.

Le Kremlin et ses relais médiatiques ont régulièrement remis en question la légitimité du gouvernement ukrainien, insinuant que Kyiv utiliserait la guerre comme prétexte pour prolonger le mandat de ses dirigeants et éviter un véritable scrutin démocratique. De son côté, le président Donald Trump a critiqué l'Ukraine pour ne pas avoir organisé d’élections après mai 2024, date à laquelle le mandat présidentiel de Volodymyr Zelensky devait initialement prendre fin.

Donnez-nous un cessez-le-feu, le président Trump peut le faire. Notre parlement peut modifier la loi et nous irons aux élections si les États-Unis et la Russie exigent que celles-ci se tiennent en Ukraine.

Dans une pique à Moscou, il a même affirmé qu'il serait "heureux" d'instaurer un cessez-le-feu pour permettre la tenue d'élections libres en Russie.

En Ukraine, la loi électorale et la Constitution prévoient que les élections nationales (présidentielles ou législatives) ne peuvent se tenir en temps de guerre ou sous état de siège. Sur ce point, ni l'Union européenne ni d'autres grandes organisations internationales n'ont publiquement critiqué Kyiv pour le report des scrutins. Fin janvier, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a adopté une résolution rappelant qu'il est impossible de tenir des élections conformes aux normes internationales en période de loi martiale.

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Zelensky appelle l’UE à agir davantage contre la flotte fantôme de la Russie

Le président ukrainien a remercié l'Union européenne pour le prêt de 90 milliards d'euros destiné à financer les besoins militaires et le fonctionnement de l'État pour les deux prochaines années.

Il a qualifié cette aide de "garantie sérieuse de la stabilité financière de l’Ukraine", mais a appelé à davantage de mesures pour assécher les revenus du Kremlin.

"Ne fermons pas les yeux sur le problème : la Russie compte encore sur des régimes complices", a-t-il ajouté, citant la Corée du Nord, ainsi que des entreprises qui lui permettent de contourner les sanctions, évoquant la Chine.

Poutine continue de bénéficier d'une stabilité financière assurée.

Il a évoqué notamment la flotte fantôme de pétroliers que Moscou utilise pour continuer à vendre du pétrole malgré les sanctions occidentales.

Le président ukrainien a précisé avoir abordé la question avec ses alliés européens, dont Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen, afin de mettre à jour la législation européenne pour que ces pétroliers puissent non seulement être arrêtés, mais aussi bloqués et confisqués.

Sans l'argent du pétrole, Poutine n'aurait pas de ressources pour cette guerre.
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Zelensky : "L'absence de l'Europe à la table des négociations est une grave erreur"

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié de "grave erreur" le fait que l’Europe ne soit pas présente à la table des négociations pour mettre fin à la guerre d'agression de la Russie.

"Nous, Ukrainiens, essayons d'impliquer pleinement l'Europe dans le processus", a-t-il expliqué, afin que les intérêts et la voix de l’Europe soient pris en compte, et parce que "la paix ne peut être construite que sur des garanties de sécurité claires", dont l'Europe devra supporter le poids.

L'Ukraine participera la semaine prochaine à un nouveau cycle de pourparlers de paix avec les États-Unis et la Russie, que le président ukrainien espère "sérieux" et "utiles". Il a toutefois souligné que, bien souvent, il semble que les différentes parties "parlent de choses complètement différentes".

Les Américains reviennent souvent sur le sujet des concessions, et trop souvent ces concessions ne sont attendues que de la part de l'Ukraine.

Il a ajouté que Kyiv veut que le résultat de tous ces efforts soit "une sécurité réelle" et la paix, "une vraie paix".

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Marco Rubio croise la caméra d'Euronews

Johanna Urbancik / Euronews

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Von der Leyen tacle Rutte

Ursula von der Leyen passe à l'offensive. Elle a d'abord ciblé Mark Rutte, le patron de l'Otan, qui avait récemment déclaré au Parlement européen que l’Europe pouvait "rêver" si elle pensait pouvoir se défendre sans les États-Unis.

J'aimerais lui dire, mon cher ami, qu'il n'y a pas que le statu quo ou la division et le chaos. Il y a beaucoup d'autres possibilités.

Elle a ajouté que cela profiterait à la fois à l’Europe et aux États-Unis.

Il y a bien plus de nuances, et une Europe indépendante signifie développer nos forces sans dépendre constamment de quelqu’un d'autre.

Sur un autre sujet, ce sont cette fois les États-Unis qui se sont retrouvés dans son viseur.

Je veux être très claire : notre souveraineté numérique est notre souveraineté numérique.

L'UE ne reculera pas sur ce point, a-t-elle ajouté.

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Von der Leyen se dit "très rassurée" par le discours de Rubio

Interrogée par la prestation du chef de la diplomatie américaine, la présidente de la Commission a décrit Rubio comme "un bon ami, un allié solide" et a souligné que, si certains dans l'administration Trump adoptent un ton plus dur sur les relations transatlantiques, le secrétaire d’État a été très clair : "Nous voulons une Europe forte au sein de l'alliance".

AP Photo/Michael Probst

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Les États-Unis veulent "rompre" avec le statu quo, affirme Rubio

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a adressé un message rassurant à ses alliés européens, affirmant que les États-Unis ne souhaitent pas couper les liens, mais "revitaliser" une "vieille amitié".

À une époque où les titres annoncent la fin de l'ère transatlantique, qu’il soit clair pour tous que ce n'est ni notre objectif ni notre souhait, car pour nous, les Américains, notre foyer peut être dans l'hémisphère occidental, mais nous resterons toujours des enfants de l'Europe.

Son intervention a suivi plusieurs discours majeurs prononcés vendredi par des dirigeants européens. 

Le chancelier allemand Friedrich Merz a dressé le constat sévère d’un ordre mondial "qui n’existe plus", dans lequel les États-Unis auraient peut-être déjà perdu leur position de leadership. De son côté, le président français Emmanuel Macron a affirmé que l'Europe devrait repenser son architecture de sécurité face à un monde nouveau, évoquant l'idée d'une dissuasion nucléaire européenne commune.

Rubio appelle l’Europe à sauver l’Occident en s’alignant sur les USA

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