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"On est dans l’angoisse, la tristesse" : à Bordeaux, les sinistrés des incendies espèrent un retour à domicile

Des lits de camp destinés aux personnes évacuées ont été installés mardi 28 juillet 2026 dans un centre d'hébergement d'urgence à Bordeaux.
Des lits de camp destinés aux personnes évacuées ont été installés mardi 28 juillet 2026 dans un centre d'hébergement d'urgence à Bordeaux. Tous droits réservés  AP Photo/Eva van Dam
Tous droits réservés AP Photo/Eva van Dam
Par Nathan Joubioux
Publié le Mis à jour
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Près de 7 000 personnes ont été accueillies au parc des expositions de Bordeaux. Si de premiers retours à domicile ont été autorisés, ce mardi, des centaines d'autres sinistrés attendent toujours une amélioration de la situation.

C'est en pleine nuit que Morgane Bonichot a reçu la notification qu'elle craignait. Le message "Urgent : évacuez immédiatement" s'affichait sur son téléphone, accompagné d'un long bip strident. Réveillée en sursaut, elle s'est alors précipitée. Elle a emmené sa fille de 9 ans, leur lapin et leur chien, mais n'a même pas pensé à prendre des sous-vêtements.

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Cette auxiliaire de puériculture de 40 ans s'est retrouvée au cœur de l'une des plus vastes évacuations qu'ait connues l'Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Comme plus de 220 000 autres personnes réparties dans une douzaine de communes, elle a dû fuir le gigantesque incendie qui ravage la Gironde depuis une semaine.

Avec le recul, Morgane Bonichot estime qu'elle aurait peut-être dû voir les choses venir. Elle séjournait alors chez son oncle, au milieu des forêts de pins, des broussailles et des terres agricoles aujourd'hui dévorées par un brasier d'une violence telle qu'il s'est parfois transformé en véritable tempête de feu auto-alimentée.

Comme elle, Émilie Saba a dû évacuer en pleine nuit. "Nous avons reçu le message à 1 h 01 du matin. L’alerte nous disant d’évacuer en urgence nos maisons et appartements. En sortant, il y avait une fumée qui était vraiment très intense, ça nous prenait à la gorge", explique-t-elle.

Une solidarité à toute épreuve

Les deux femmes ont trouvé refuge au parc des expositions de Bordeaux, où un centre d'accueil a été ouvert par la municipalité pour l'ensemble des personnes contraintes de fuir leur domicile. Près de 7 000 personnes ont d'ores et déjà été accueillies.

Des lits de camp y ont été installés. Des bénévoles organisent les distributions de repas, des équipes médicales et vétérinaires enchaînent les rendez-vous et des vêtements sont fournis aux nombreuses personnes présentes dans cet immense hangar.

La solidarité a été tellement importante que la mairie de Bordeaux a mis un terme à son appel au don. "Cet élan de solidarité a permis d’apporter une réponse immédiate et concrète aux familles touchées par les incendies", a remercié Thomas Cazenave, le maire de Bordeaux.

"C'est bien ce qu’ils ont fait. On est assez nombreux et on peut dormir. Il y en a qui disent que ce ne sont pas des vrais lits. D’accord, c’est sûr, mais pour le moment, c’est bien d’avoir quelque chose", reconnaît Yves Brulé, sinistré et présent au parc des expositions avec son chien.

Alors que les pompiers, avec l'aide d'agriculteurs et d'habitants, continuent de se battre contre les flammes, les sinistrés tentent de garder un semblant de vie normale. Malgré tout, l'anxiété et l'inquiétude se faire ressentir."On est dans l’angoisse, dans la tristesse, dans tout. C’est quand même assez délicat. On pense à nos biens, on se demande comment on va retrouver notre environnement, on se demande si notre maison sera encore ici", souffle Émilie Saba, qui attend toujours de pouvoir retourner chez elle.

6 000 retours à domicile autorisés

La situation est toujours critique en Gironde. Alors que l'incendie est "toujours stabilisé", selon la préfecture, les conditions météorologiques "défavorables" sont à l'origine de nombreux départs de feu, ce mercredi 29 juillet.

Les autorités de Gironde ont indiqué que les habitants ne seraient pas autorisés à regagner leur domicile tant que l'incendie ne serait pas maîtrisé. Mais mardi soir, quelque 60 000 personnes ont pu regagner leur logement dans trois communes de la métropole bordelaise. Un soulagement pour ces habitants qui doivent se ternir prêts à évacuer de nouveau, a prévenu la préfète. Pour les autres, aucune date n'a encore été annoncée.

"Je commence vraiment à être épuisée", lâche Morgane Bonichot. Mais elle refuse de rentrer tant qu'elle n'aura pas la certitude qu'ils ne devront pas repartir. "Je ne peux pas imposer un nouveau trajet à mes animaux. Le seul voyage qu'ils devraient encore faire, c'est celui du retour à la maison. Sinon, pour le lapin, le stress pourrait être fatal. Et mon chien était déshydraté. Ici, il y a la climatisation et tout ce qu'il faut. Pour le moment, il va un peu mieux."

Avant de se montrer encore plus alarmiste : "Ce qui me rend vraiment folle, c'est que ça m'inquiète énormément pour l'avenir. Chaque année, c'est pire que la précédente. Ça va devenir une catastrophe."

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