Vidéo

euronews_icons_loading
AFP

L'ancien rituel égyptien du "zār" : un concert d'exorcisme

Le rituel de musique et de danse "zār", dont les racines remontent à plusieurs siècles en Éthiopie et au Soudan, est traditionnellement pratiqué pour éloigner ou exorciser les djinns ou les mauvais esprits.

"Nous ne sommes pas des charlatans ou des sorcières", explique Umm Sameh, âgée de 70 ans, les yeux bordés de khôl, de grands cerceaux se balançant dans ses oreilles et des bracelets en or tintant sur ses bras.

"Le chant est spirituel et fait sortir les énergies négatives" raconte de son côté la chanteuse principale de l'ensemble Mazaher, ajoutant qu'ils exécutent également des prières issues des pratiques mystiques soufies de l'islam.

Traditionnellement, le rituel du zārdure plusieurs jours et comprend des sacrifices d'animaux. Mais aucun sang n'est versé au centre culturel Makan du Caire, où le groupe se produit pour le plus grand plaisir des invités étrangers et locaux.

Le public est envoûté par la voix d'Umm Sameh et hoche la tête au rythme des tambours.

Dans une société patriarcale où les femmes sont fréquemment victimes de discriminations, les cérémonies du zār sont parmi les rares pratiques culturelles où elles occupent le devant de la scène.

Umm Sameh dit avoir appris le rituel dès l'âge de 11 ans auprès de sa mère et de sa grand-mère.

Six décennies plus tard, elle récite les mêmes paroles sur les mêmes airs - tout cela de mémoire, ajoute-t-elle fièrement, parce qu'elle en a "hérité et a grandi avec".