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L'Espagne se prépare à de nouvelles élections en avril

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Reuters
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Dans l’impasse, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a convoqué des élections anticipées le vendredi 28 avril après le rejet de son projet de budget par les députés le 13 février.

"On ne peut pas gouverner sans budget", a déclaré le Premier ministre lors d'une allocution ce vendredi 15 février. "Entre ne rien faire et continuer sans un budget et demander aux Espagnols d'avoir leur mot à dire, je choisis le second. L'Espagne doit continuer d'avancer, en progressant dans la tolérance", a ajouté le dirigeant socialiste.

L’Espagne est toujours en proie aux retombées des velléités indépendantistes de la Catalogne. La veille du vote du budget, 12 dirigeants catalans ont été ainsi jugés par la Cour suprême espagnole pour les rôles joués en 2017.

Les dirigeants séparatistes catalans Jordi Cuixart, Jordi Turull, Joaquim Forn et Josep Rull devant la Cour suprême de Madrid au début de leur procès.

Pedro Sanchez a également subi la pression des partis de centre droit (Parti populaire et Ciudadanos) et du parti d'extrême droite Vox, qui ont appelé leurs partisans à manifester dimanche dernier à Madrid contre la gestion du gouvernement de la crise catalane.

"Ces élections anticipées, après moins d'un an de gouvernement Sanchez, démontre une fois de plus ce que nous savions déjà : la question catalane est la principale source d'instabilité de la politique espagnole", a déclaré à Euronews Jorge Galindo, sociologue et politologue espagnol.

Pedro Sanchez, 46 ans, n'est Premier ministre que depuis huit mois et a gouverné sans mandat électoral et avec seulement 84 députés sur les 350 sièges du Congrès. Il avait décidé de ne pas déclencher d'élections anticipées après avoir évincé le Premier ministre conservateur Mariano Rajoy en juin 2018, suite au vote d’une motion de censure adoptée à une majorité de 180 députés.

Ce seront les quatrièmes élections générales en huit ans.

Quid des sondages ?

Le parti socialiste de Pedro Sanchez est en tête des sondages. Mais selon ces derniers, aucun parti ne serait en mesure de remporter les 176 sièges nécessaires pour pouvoir gouverner seul, selon la dernière enquête du Centre espagnol de recherches sociologiques (CIS).

"Ce qui se passe, c'est que le scénario qui se précise ne va pas dans le sens du changement", nous a déclaré Jorge Galindo. "Nous aurons soit un accord entre les formations de centre-droit, soit une gauche plus souverainiste portée par une alliance PSOE/Podemos ou une coalition PSOE et Ciudadanos". Le sociologue et politologue espagnol ajoute que ces coalitions possibles ne débloqueront probablement pas l'impasse parlementaire.

L'extrême droite espagnole en embuscade ?

Depuis la mort de Franco en 1975 et le retour à la démocratie qui a suivi, aucun parti d'extrême droite n'était entré au Parlement auparavant. Mais la donne est en train de changer. En effet, en janvier dernier, le parti d’extrême droite VOX a fait son entrée au parlement régional d'Andalousie. La formation de Santiago Abascal a même conclu un accord avec le Parti populaire qui a formé un gouvernement de coalition avec les centristes de Ciudadanos. Mais ce qui s'est joué au niveau local ne le sera pas forcément au niveau national. Si un rapprochement pourrait voir lieu entre le Parti populaire et Ciudadanos, de nombreux centristes ne seraient pas en faveur d'une coalition avec le parti d'extrême droite.

Qui sont les rivaux de Sanchez ?

Pablo Casado, Albert Rivera, Pablo Iglesias

Pablo Casado (Parti populaire) : le successeur de Mariano Rajoy s'est fermement opposé à la stratégie de Pedro Sanchez pour tenter de résoudre la crise catalane, à savoir le dialogue.

Tenant d’une ligne beaucoup plus à droite, le nouveau leader du Parti populaire veut incarner un renouveau conservateur. Il s’est notamment prononcé pour des lois beaucoup plus strictes sur l’avortement.

Pablo Casado, 37 ans, a également indiqué que s'il est élu Premier ministre, il envisagerait de réactiver l'article 155, qui permettrait au gouvernement central de reprendre le contrôle direct de la Catalogne.

Après l'annonce de la convocation des élections anticipées, le dirigeant conservateur a déclaré que "la première chose que nous avons à dire, c'est que nous sommes heureux. Depuis près de neuf mois, nous demandons à Pedro Sanchez de tenir sa promesse et de donner une voix au peuple espagnol et de convoquer des élections. Pourquoi a-t-il dû le faire aujourd'hui ? Parce que le Parti populaire a réussi à pousser le gouvernement Sanchez à jeter l'éponge."

Albert Rivera (Ciudadanos) : le chef du parti de centre droit avait décrit le gouvernement de Sanchez comme un "gouvernement Frankenstein". Tout comme Pablo Casado, Rivera a fortement critiqué le gouvernement socialiste au sujet de ses positions sur la Catalogne, comme la promesse d’un référendum sur plus d’autonomie, jugées trop dociles avec Barcelone.

Albert Rivera, 39 ans, déjà en campagne électorale, a par exemple déclaré que " l'Espagne a besoin de libéralisme, de patriotisme, d'avenir et de modernité. Parler de Franco ou d'avortement n'est pas constructif", se différenciant ainsi des autres formations de droite.

Pablo Iglesias (Podemos) : le dirigeant de gauche, 40 ans, est actuellement en congé de paternité. Il a indiqué qu'il ne reviendrait pas, malgré les élections, avant mars. Le parti traverse une nouvelle crise interne suite à la démission d'Iñigo Errejón, l'une des figures les plus importantes de la formation depuis sa fondation en 2014.

Santiago Abascal (Vox) : l'extrême droite pourrait entrer au Parlement espagnol pour la première fois depuis le retour de la démocratie en Espagne. Santiago Abascal, 42 ans, chef du parti, a une longue carrière politique derrière lui et a été membre du Parlement basque.