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Top 14: Montpellier, l'heure de la "remontada" ?

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Du désespoir à l'espoir: Montpellier, au bord de l'implosion après l'humiliation à domicile devant Perpignan mi-février, a crevé l'abcès au point de croire à une "remontada", qui passera forcément par une quatrième victoire consécutive, samedi contre Agen lors de la 21e journée de Top 14.

A six journées de la fin de la saison régulière, le vice-champion déplore encore six points de retard sur la dernière place qualificative, conséquence d'une très longue et très difficile remise en route après la déroute lors de la dernière finale devant Castres (29-13). Mais il en accusait treize il y a un peu plus d'un mois, au soir de sa dernière défaite, à Toulouse le 23 février (27-14).

"On a raté notre saison, on peut encore la sauver", résume pour l'AFP le demi de mêlée Benoît Paillaugue.

"Pourquoi pas se qualifier après avoir connu beaucoup de retard ? Sans s'enflammer, on y croit encore. On n'a pas droit à l'erreur: si on perd, c'est presque fini. On se donne déjà la chance d'y croire, on ne se bat pas pour rien", ajoute-t-il, conscient qu'une non-qualification acterait un coup d'arrêt pour le club du milliardaire Mohed Altrad.

"On connaît les phases finales depuis des années, on a envie d'y être. Sinon, ce serait un gâchis. Ce serait uniquement de notre faute. On n'a pas fait les choses dans l'ordre cette saison. On n'a pas montré l'image d'un finaliste", poursuit ainsi le vice-capitaine.

- Cotter "l'homme de la situation" -

Notamment contre Perpignan, venu remporter sa première victoire de la saison après quinze défaites le 23 février, un mois et demi après la sortie sans gloire du MHR avant les quarts de finale de la Coupe d'Europe, dans une poule accessible.

L'USAP a aussi levé le voile sur une fracture ouverte du vestiaire. "C'est à partir de ce moment-là que l'on s'est dit les choses, d'une manière très constructive, et que l'on peut désormais se concentrer sur le rugby. Au regard des derniers résultats, cela a fait visiblement du bien", admet Paillaugue.

Leader naturel, légitimé par son ancienneté, il a été promu capitaine en l'absence de Louis Picamoles durant le Tournoi des six nations. Et il a brisé les faux-semblants pour soutenir l'entraîneur Vern Cotter, fragilisé par les mauvais résultats et contesté par le clan des Springboks champions du monde en 2007 (Steyn, les frères Jannie et Bismarck Du Plessis, Pienaar).

"C'est bien sûr l'homme de la situation, mais il faut lui laisser le temps", développe Paillaugue. Il rappelle que le Néo-Zélandais a offert à Clermont son premier Brennus tant attendu (2010), quatre ans après son arrivée, et "a transformé le jeu de l'Écosse. Il connaît très bien le championnat, les joueurs français et étrangers".

- L'exemple Azéma -

Dès sa première saison à Montpellier, Cotter "fait une finale et aujourd'hui on lui tombe dessus. C'est aberrant. C'est pourquoi je prends ouvertement sa défense. Est-ce qu'on a remis en cause (Franck) Azéma la saison passée à Clermont ? Où en est Clermont aujourd'hui ?" argumente le demi de mêlée, qui a pris la place de Pienaar, au cœur des tensions.

Montpellier finit de solder l'héritage controversé de l'entraîneur sud-africain Jake White (décembre 2014-2017) mais part de loin pour rattraper le wagon des six qualifiés et le temps perdu.

Au-delà de l'écart de six points, de la nécessité de devancer trois rivaux, l'équipe héraultaise aborde une fin de saison compliquée, avec trois déplacements périlleux (Racing 92, Castres et Clermont), sans garanties dans son jeu.

"Pour se qualifier, nous devons faire une grande série, mais aussi réussir un match complet pendant 80 minutes. Pour l'instant, je cherche un match-référence, je n'en vois pas. Ce sera pourtant nécessaire pour gagner à l'extérieur" et ainsi éventuellement se qualifier, rappelle Paillaugue.

Ni le Racing, rival honni, ni Castres, sa bête noire, ni Clermont ne feront de cadeaux à Montpellier. A lui sans doute encore moins qu'à un autre.

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