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Julian Assange condamné à près d'un an de prison par la justice britannique

Assange dans un fourgon cellulaire à sa sortie du tribunal. 01/05/2019
Assange dans un fourgon cellulaire à sa sortie du tribunal. 01/05/2019 -
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Daniel LEAL-OLIVAS / AFP
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Julian Assange, le co-fondateur de WikiLeaks, a été condamné ce mercredi à 50 semaines de prison pour violation de ses conditions de liberté provisoire par le tribunal londonien de Southwark.

L'Australien de 47 est arrivé ce matin dans un fourgon de police le poing levé, la barbe rasée, sous les cris de "Honte au Royaume-Uni" ou "Honte à l'Equateur qui a vendu Assange pour de l'argent" lancés par ses soutiens.

REUTERS/Henry Nicholls
Des manifestants pro-Assange devant le tribunal de Southwark ce mercredi.REUTERS/Henry Nicholls

Après sa condamnation, une vingtaine de ses partisans, présents dans la salle d'audience, ont crié "Honte à vous" aux juges. "Libérez Assange", scandaient d'autres partisans à l'extérieur de la salle.

Il a toujours affirmé s'être soustrait à la justice britannique de peur non pas d'être extradé vers la Suède mais de finir aux Etats-Unis, qui l'accusent de "piratage informatique". Et mercredi, son avocat Mark Summers a déclaré devant le tribunal qu'il avait agi par "peur" d'être extradé vers les Etats-Unis, réclamant des circonstances atténuantes pour son client à la situation "différente et inhabituelle".

"Je m'excuse sans réserve auprès de ceux qui estiment que je leur ai manqué de respect", a déclaré Julian Assange dans une lettre lue au tribunal par l'avocat avant le verdict, expliquant "regretter" la tournure qu'ont pris les événements. "J'ai fait ce que je pensais être le mieux à l'époque, et peut-être l'unique chose à faire".

Mais pour la juge Deborah Taylor, en se "_cachant délibérément dans l'ambassad_e" d'Equateur, Assange a "exploité (sa) position privilégiée pour faire fi de la loi".

La demande d'extradition américaine doit être examinée jeudi par le tribunal de Westminster.

Quelques minutes après l’officialisation du verdict, WikiLeaks a réagi sur Twitter en dénonçant une justice partiale.

"La condamnation de Julian Assange est aussi choquante que rancunière. Nous avons de sérieuses préoccupations quant à savoir si l’audience d'extradition sera équitable" a ainsi indiqué WikiLeaks sur son compte officiel.

Après sept ans passés entre les quatre murs de l'ambassade équatorienne, Assange en a été délogé par la police britannique le 11 avril, avec l'autorisation de Quito. Apparaissant vieilli et affaibli, avec une longue barbe hirsute et blanche, il avait comparu dans la foulée devant le tribunal de Westminster qui l'avait déclaré coupable de violation de sa liberté provisoire et requis la peine maximale dans ce dossier, soit un an de prison, avant de le placer en détention dans la prison de Belmarsh, dans le sud-est de Londres.

Julian Assange le 11 avril dernier après son arrestation

En 2012, l'Australien de 47 ans, qui faisait l'objet de poursuites pour viol - depuis classées - s'était réfugié dans l'ambassade d'Equateur à Londres pour éviter de se présenter à la justice britannique et d'être extradé vers la Suède.