L'accord de Vienne "d'historique à bancal", le rôle clef des Etats-Unis

L'accord de Vienne "d'historique à bancal", le rôle clef des Etats-Unis
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Le président américain Barack Obama l'avait qualifié d'accord "historique". Son successeur Donald Trump l'avait trouvé "bancal" et en avait unilatéralement retiré les Etats-Unis. Aujourd'hui, l'avenir de l'accord sur le nucléaire iranien destiné à freiner les ambitions atomiques de Téhéran est plus que jamais compromis.

Petit retour en arrière

En 2015, à Vienne, l'Iran, les cinq membres permanents du conseil de sécurité et l'Allemagne étaient finalement parvenus à un accord répondant au nom de Plan d'action global commun ou Accord de Vienne sur le nucléaire iranien.

Un espoir pour la paix comme le soulignait alors la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini :

"Avec courage, volonté politique, respect mutuel et leadership, nous apportons une réponse à ce que le monde espérait : un engagement commun en faveur de la paix, nous unissons nos efforts afin de rendre notre monde plus sûr."

Selon l'accord de vienne, l'Iran a dû limiter son nombre de centrifugeuses destinées à enrichir l'uranium, limiter ses stocks d'uranium enrichi à 300 kg ainsi que son taux d'enrichissement pour le destiner à un usage uniquement civil. Il a arrêté de produire du plutonium de qualité militaire, et le gendarme nucléaire de l'ONU a pu envoyer ses inspecteurs dans les installations nucléaires iraniennes.

En retour, l'Iran pouvait donc développer le nucléaire civil et a bénéficié d'un allègement des sanctions internationales.

Mais il y a un an, le président américain Donald Trump a brutalement rompu l'engagement pris par les Etats-Unis :

"Le fait est qu’il s’agit d’un horrible accord unilatéral qui n’aurait jamais dû être conclu. "

Il a accusé Téhéran de contourner les restrictions de l'accord.

Les Etats-Unis ont donc ensuite remis en place leurs sanctions économiques contre l'Iran.

Le mois dernier, ils ont refusé de prolonger les dérogations qui permettent à certains pays d'acheter du pétrole à l'Iran.

Washington a encore accentué la pression la semaine dernière en déployant un porte-avion au moyen-orient tout en critiquant l'effet déstabilisant de l'Iran dans la région.

Entre-temps, les diplomates européens se sont démenés pour tenter de maintenir l'accord intact, promettant de continuer à commercer avec l'Iran. Mais la plupart ont du mal à résister au pouvoir des sanctions étant donné les liens économiques existants avec les Etats-Unis.

L’Iran, mécontent, fait donc face à ce qu’il appelle l’incapacité des Européens à tenir tête aux États-Unis...

L’AIEA, l'agence internationale de l'énergie atomique affirme avoir toujours constaté que l’Iran se conformait à l’accord.

Les 60 prochains jours seront décisifs pour l'avenir de l'accord.