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Le Théâtre national d'Albanie menacé de démolition

Le Théâtre national d'Albanie menacé de démolition
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Au Théâtre national d'Albanie, les occupants viennent d'installer le premier générateur depuis que les autorités ont coupé le courant. Le lieu doit être démoli, puis remplacé par un édifice plus moderne et six tours résidentiels appartenant à des investisseurs privés.

Depuis février 2018, artistes, militants, professeurs, retraités et citoyens ordinaires manifestent quotidiennement dans la capitale albanaise en réaction à la décision du gouvernement. Le marché a déjà été remporté par l'entreprise Fusha, mais les opposants dénoncent un manque de transparence, une décision prise dans le secret des bureaux ministériels.

"Il n'y a eu aucune consultation publique, personne ne s'intéresse à ce que pensent et ressentent les artistes et les citoyens, déplore Kastriot Çipi, directeur du théâtre. C'est devenu une lutte pour la protection et la préservation de la démocratie tout entière. Pour dire stop aux alliances entres les entreprises privées et les politiciens corrompus".

"L'art pour répondre à la violence"

Au mois de juillet, les sit-in étaient quotidiens pour empêcher le chantier de démolition. La police les a délogés avant de se retirer, après quelques tensions qui ont fait plusieurs blessés.

Mais le combat continue à l'intérieur : pour lever des fonds, des acteurs bénévoles occupent la scène et assurent des spectacles trois fois par semaine. "Nous utilisons l'art pour répondre à la violence, souligne Taulanda Jupi, maitre de conférence à l'université de Tirana engagée pour la défense du bâtiment. C'est le meilleur message que ce théâtre peut envoyer au monde politique."

Sauf que le monde politique, lui, met en avant les artistes albanais partisans d'une nouvelle scène plus moderne. Le gouvernement voit aussi les défauts d'une salle datant de 1939 où il fait trop chaud en été et trop froid en hiver.

Mais ceux qui occupent cet endroit ne défendent pas seulement les murs du théâtre national, ils veulent aussi protéger son histoire. C'est là qu'ont eu lieu les premiers procès communistes après que l'Albanie a été libérée des nazis en 1945.

Une loi spéciale qui fait polémique

Le projet s'appuie sur une Loi spéciale votée il y a un an, qui facilite les partenariats publics privés de ce genre.Selon l'opposition, le texte permet des processus trop opaques, une atteinte à la libre concurrence des marchés.

Euronews a rencontré Edi Rama, Premier ministre albanais. De son point de vue, le gouvernement se met en conformité avec les accords passés avec l'union européenne, en vue de devenir état membre un jour.

"Ce processus a été examiné par la Commission européenne, qui l'a déclaré conforme, tant qu'il respecte la concurrence et nous avons fait jouer la concurrence, indique le chef du gouvernement à notre micro. Le reste, c'est de l'hystérie populaire."

Pour l'instant, la date de la démolition n'est pas connue.