Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.
DERNIERE MINUTE

Féminicides : un « Grenelle » en France et de grandes attentes

Féminicides : un « Grenelle » en France et de grandes attentes
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

Elles s'appelaient Isabelle, Jackie ou Michèle… En France, 101 femmes sont mortes depuis le début de l'année sous les coups de leur conjoint, concubin ou ex-compagnon. La dernière, tuée lundi, avait 92 ans. Pour répondre à ce fléau et à la pression de la rue, le gouvernement a lancé un « Grenelle des violences conjugales », une concertation de près de trois mois.

Et sans attendre, il a rendues publiques des mesures dites « d'urgence » : la création de 1000 nouvelles places d'hébergement pour les victimes à partir de janvier prochain, plus de facilités pour porter plainte à l'hôpital et l'expérimentation de juridictions spécifiques pour traiter les affaires rapidement.

Au centre d'écoute du 3919, pas moins de 45 000 témoignages ont été reçus l'an passé. C'est dire l'ampleur du phénomène.

« On a une exacerbation de ces violences conjugales puisqu'on observe aussi une augmentation des appels à la fois au 3919 mais aussi sur tous les dispositifs des associations de notre réseau, déplore Françoise Brié de la Fédération Nationale Solidarité Femmes. Les femmes sollicitent de l'aide de plus en plus. »

Et ce n'est pas une nouveauté. En 2017 déjà, Eurostat rapportait que la France avait l'un des taux de féminicides les plus élevés d'Europe. 109 victimes cette année-là au sein de « couples officiels ». Seule l'Allemagne en comptait plus, avec 153 décès. Et si l'Espagne limitait leur nombre, c'était au prix de moyens sans pareil mêlant tribunaux spécifiques, bracelet électronique pour les conjoints violents et de très vastes mesures de soutien aux victimes.

Alors en France, les associations attendent beaucoup de cette concertation et l'ont fait savoir.

« La réalité, c'est qu'il faut qu'il y ait au moins 500 millions d'euros qui soient mis sur la table, au moins fois cinq ou fois six le budget actuel, pour pouvoir avoir une réponse adéquate au drame que vivent 230 000 femmes par an », martèleAnne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes.

Les conclusions du « Grenelle des violences conjugales » seront annoncées le 25 novembre, une date qui n'est pas anodine : c'est la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Gageons que les engagements seront à la hauteur.