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Xavier Dolan revient sur les écrans avec un film sur l'amour et l'amitié

Xavier Dolan revient sur les écrans avec un film sur l'amour et l'amitié
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Matthias et Maxime de Xavier Dolan (1h59)

Sortie le 16 octobre

Xavier Dolan, 30 ans seulement et déjà 8 films au compteur, revient avec un film somme sur l’amitié, la jeunesse et l’amour. Un film très dialogué mais qui touche juste et laisse affleurer l’émotion sans faire jouer les violons. La maturité s’approche !

On avait vu le film à Cannes et le critique cinéphage que l’on devient sur la Croisette ose avouer qu’il était passé à côté du film, il avait peut-être même dormi ! En le revoyant pour sa sortie française, il faut se rendre à l’évidence : Dolan a beaucoup de talent, même si ce Matthias et Maxime ne restera pas comme l’un de ses films majeurs. Plutôt un film en demi-teinte qui reprend des thématiques qui lui sont chères (être éduqué seulement par sa mère, l’homosexualité, les affres des amours inavoués, le poids et la peur du conformisme), et qu’il insuffle par touches impressionnistes avec habileté dans son récit.

L’histoire tient en peu de ligne : Maxime et Matthias sont amis depuis l’enfance, ont grandi avec la même bande de potes que l’on retrouve au début du film dans une cabane au bord d’un lac pour passer du bon temps. La soeur de Matthias (interprété par Gabriel D’Almeida Freitas, acteur et humoriste canadien célèbre au Québec, tout en intériorité) propose un défi à son frère et à Maxime, son meilleur ami : elle fait un film et aurait besoin d’une scène de baiser entre deux hommes. Les deux amis refusent mais finissent par accepter. A partir de là, leurs relations ne seront plus jamais les mêmes, et le trouble s’installe chez l’un comme chez l’autre…

Pour ceux qui connaissent le cinéma du cinéaste québécois, ce pitsch ne les étonnera pas. Le personnage de Maxime que joue Dolan a une tâche de vin sur le visage, la marque de sa différence, et le regard des autres se porte irrémédiablement sur lui. Une métaphore subtile qui se laisse oublié et, contrairement à Juste la fin du monde, son dernier film en français, rien dans son film ne pousse à la surenchère. Au contraire. Les tics, comme celui des scènes de musique pop sur de longs travellings et des vues de ciels de traîne, ont disparus pour laisser place à une mise en scène très dense, et notamment des séquences de groupes particulièrement habiles où il ne contente pas de champs/contre-champs, cherchant toujours un point de vue global qui inclue l’ensemble du groupe.

Les moments d’intimité sont aussi le point fort du film, la tension érotique est très bien rendue notamment dans une scène clé où les deux amis se retrouvent seuls dans une pièce. Un montage alterné et des mouvements de caméra approprié (travelling avant) nous amène au plus près des corps. Quant l’éveil amoureux advient, Dolan sait en capter les doutes existentiels qui en résultent, dans un regard, dans un geste, sa caméra stylo ne surlignant jamais le trait. En résulte un film d’apprentissage (un "coming-to-age movie" comme pourrait dire l’une des protagonistes, fan de franglais), et surtout un film sur l’amour et l’amitié. Désir, trouble et vertige, la Sainte-Trinité selon Xavier.

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