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Inde : manifestations violentes suite au vote d'une loi jugée discriminatoire envers les musulmans

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Inde : manifestations violentes suite au vote d'une loi jugée discriminatoire envers les musulmans
Tous droits réservés  REUTERS/Adnan Abidi
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C'est un mouvement qui symbolise toute la complexité de la société indienne. Une mosaïque de cultures et de religions dont l'équilibre fragile pourrait être remis en cause par le gouvernement Modi.

De Delhi à Calcutta ou Bangalore, des dizaines de milliers d'Indiens sont venus dire leur opposition à la loi dite CAB pour "Citizenship Amendment Bill". Le texte, voté la semaine passée, facilite l'attribution de la nationalité indienne aux réfugiés d’Afghanistan, du Pakistan ou du Bangladesh, à condition qu'ils ne soient pas musulmans. Une condition qui selon les manifestants remet en question les fondements mêmes de l'état indien.

"C'est l'idée de base de l'inde : défendre le "_secularism* _". Cette loi est contre le principe même de l'Inde donc nous demandons son retrait", explique un jeune homme.

Pour un autre : "ce combat n'est pas seulement pour les musulmans. ce gouvernement joue avec les lois du pays, ils jouent avec l'histoire, c'est pourquoi c'est notre devoir de manifester".

A Delhi, devant l'université Jamia Millia Islamia, les manifestations ont dégénéré. Des heurts ont éclaté avec la police. Depuis le début du mouvement six personnes ont perdu la vie.

À l'intérieur de Jamia et dans des quartiers alentour, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes et chargé la foule à coups de bâtons, tandis que les manifestants sont accusés d'avoir incendié quatre bus et deux véhicules de police. Des vidéos montraient des scènes de chaos à l'intérieur même des bâtiments de l'université, avec des étudiants ensanglantés.

Ces heurts ont fait 200 blessés, principalement des étudiants, selon la directrice de l'université. Une cinquantaine de personnes détenues ont été relâchées lundi matin après avoir passé la nuit en cellule, a indiqué la police locale.

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a réagi sur Twitter appelant la paix et à 'unité.

C'est pourtant sa politique qui est mise en cause. Hindouiste très pratiquant, il est accusé depuis son accession au pouvoir en 2014 de vouloir marginaliser la communauté musulmane et d'instrumentaliser la peur d'un remplacement démographique des hindous au profit des musulmans.

L'inde compte près d' 1,3 milliard d'habitants dont plus de 170 millions de citoyens musulmans. Ce qui en fait la première minorité du pays.

_* Le terme anglais de "secularism", employé en Inde, fait référence à une vision anglo-saxonne de la laïcité. L'état est neutre face au fait religieux mais n'empêche pas ses fonctionnaires de manifester leurs convictions. _