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Présidentielle croate : le candidat social-démocrate en tête du premier tour

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Présidentielle croate : le candidat social-démocrate en tête du premier tour
Tous droits réservés  AP Photo/Filip Horvat
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Un ancien Premier ministre social-démocrate est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle croate dimanche, la cheffe de l'Etat conservatrice sortante et un chanteur populiste de droite se disputant la seconde place, selon des sondages à la sortie des bureaux de vote.

Les deux premiers candidats s'affronteront à l'occasion d'un deuxième tour prévu pour le 5 janvier, date à laquelle la Croatie aura pris les rênes de la présidence tournante de l'Union européenne.

D'après un sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote rendu public par les chaînes de télévision HRT et Nova TV, l'ancien Premier ministre social-démocrate Zoran Milanovic a recueilli 29,58% des voix, devant la présidente Kolinda Grabar-Kitarovic (26,38%) et Miroslav Skoro, un chanteur populiste de droite (24,10%).

Un autre sondage place également M. Milanovic en tête mais resserre encore davantage l'écart entre les deux suivants.

Les votes des quelque 170.000 électeurs de la diaspora, qui pourraient déterminer qui affrontera le candidat de centre gauche au second tour, n'ont pas été pris en compte par ces enquêtes.

Un total de 3,8 millions d'électeurs sont inscrits pour ce scrutin à l'issue plus que jamais incertaine.

Mme Grabar-Kitarovic, 51 ans, soutenue par le HDZ (centre droit) qui domine la vie politique depuis l'indépendance en 1991, était partie en campagne avec une confortable avance. Mais elle n'a cessé de céder du terrain malgré ses louvoiements entre les modérés du HDZ et l'aile nationaliste de son parti.

Mme Grabar-Kitarovic a choisi d'organiser son dernier rassemblement public à Vukovar, une ville frontalière de la Serbie qui fut le théâtre d'un siège meurtrier par les forces serbes au début de la guerre de 1991-1995, devenue le symbole de la souffrance des Croates pendant ce conflit.

"Pays normal"

Le chanteur Miroslav Skoro, 57 ans, a quant à lui promis de déployer l'armée à la frontièrepour empêcher les migrants de passer et de gracier un criminel de guerre.

Et l'ancien Premier ministre de centre gauche s'est engagé à faire de la Croatie un "pays normal" avec une justice indépendante, qui respecte les minorités. Si ses partisans saluent sa détermination, ses contempteurs dénoncent son arrogance.

Zoran Milanovic, 53 ans, fut entre 2011 et 2016 le chef d'un gouvernement qui avait déçu car il n'avait pas su mettre fin à la corruption ambiante ni développer l'économie.

D'après les analystes, une défaite de Mme Grabar-Kitarivic compliquerait les chances du HDZ et du Premier ministre modéré Andrej Plenkovic aux législatives de 2020.

Brexit et Balkans

Le 1er janvier, son gouvernement assumera la présidence tournante de l'UE pour un mandat de six mois qui verra sans doute le Royaume-Uni quitter l'Union et des pays des Balkans occidentaux frapper à sa porte.

Les détracteurs du gouvernement de ce pays en très grande majorité catholique l'accusent d'avoir organisé l'élection à Noël pour bénéficier des voix de la diaspora, traditionnellement proche du HDZ, qui revient pour les vacances.

Matija Horvat, un économiste de 27 ans qui votait à Zagreb, s'est dit déçu par une campagne focalisée sur le passé plutôt que sur l'avenir. "Ils ont volé l'espace qui aurait dû revenir aux sujets vitaux pour la vie de la plupart des gens, y compris tous les jeunes qui s'en vont en nombre croissant", a-t-il déploré, résumant un point de vue répandu.

La Croatie fait face comme ses voisins balkaniques à l'exode de ses habitants, un phénomène qui s'est accéléré après son accession à l'UE en 2013.

Les émigrés partent chercher une vie meilleure ailleurs en Europe mais invoquent aussi la corruption et le clientélisme ou la piètre qualité des services publics.

Dans un des membres les plus pauvres de l'UE, la campagne a rarement abordé les nombreux défis auxquels la Croatie est confrontée.

Sara Tokic, une vendeuse de 30 ans, regrette que "les intérêts des candidats et de leurs partis prennent le pas sur les intérêts du peuple et du pays".