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Premier réacteur de Fessenheim arrêté : victoire pour les uns, source d'inquiétudes pour d'autres

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Premier réacteur de Fessenheim arrêté : victoire pour les uns, source d'inquiétudes pour d'autres
Tous droits réservés  أ ب   -   Jean-Francois BADIAS
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Le premier réacteur de la plus vieille centrale nucléaire française a été arrêté dans la nuit de vendredi à samedi, mais des salariés et des habitants craignent un avenir obscur pour leur territoire.

Elle n'aura pas dormi sur ses deux oreilles. Ce samedi matin, c'était fait. La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), dans le nord-est de la France, avait fait ses adieux à l'un de ses deux réacteurs.

Le réacteur numéro 1 de la plus vieille centrale nucléaire en activité en France - elle a connu 6 présidents de la République différents - a été débranché dans la nuit de vendredi à samedi.

Le début d'une longue fin. Le 30 juin, c'est le second réacteur qui sera stoppé. Mais le démantèlement complet de la centrale nucléaire prendra bien plus de temps : au moins une vingtaine d'années.

Il faut "aller plus loin", martèle l'ONG Greenpeace

Longtemps annoncée, la fermeture programmée de Fessenheim, qui fut aussi une promesse de campagne de l'ex-président François Hollande en 2012, constitue une première victoire pour les opposants au nucléaire.

Pour le président français Emmanuel Macron, il s'agit aussi de mettre en oeuvre une promesse de campagne. L'objectif affiché est faire baisser la part du nucléaire - qui est actuellement de 70% - au profit des énergies renouvelables.

Mais pour Greenpeace France, il faut aller plus loin. L'ONG rappelle dans un communiqué que "de nombreux autres réacteurs doivent fermer au plus vite, comme ceux du Tricastin (située au nord d'Avignon, dans le sud de la France - NLDR)". "Rien que cette année, 12 réacteurs auront atteint 40 ans d'ancienneté", selon l'ONG.

Dans un rapport, Greenpeace pointe aussi du doigt les effets néfastes du nucléaire sur l'environnement : "Outre les rejets d’éléments radioactifs et chimiques dans la nature, un réacteur nucléaire produit également des déchets nucléaires. Fin 2017, le parc nucléaire avait déjà produit près d’1 million de mètres cubes de déchets selon l’inventaire officiel de l’Andra", explique l'ONG.

Mais de son côté, la Revue générale nucléaire parle d'une décision "contre-productive" sur le plan de la lutte contre le changement climatique.

"Du fait de l’ordre d’appel des capacités électrogènes, si une centrale nucléaire est arrêtée, l’électricité qu’elle ne produit plus sera fournie par les capacités arrivant ensuite dans l’ordre de mérite, donc des centrales à gaz et charbon", avance Maxence Cordiez, ingénieur au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et auteur de l'article.

Des promesses de reclassement pour les salariés

Dans la région de Fessenheim, cette décision divise et inquiète concernant l'avenir de salariés de la centrale nucléaire. La centrale, mise en service en 1977, génère actuellement 2 000 emplois directs et induits.

"Les salariés d'EDF seront tous reclassés dans d'autres sites EDF", a de nouveau promis Emmanuelle Wargon, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, samedi sur France Info.

"Environ 750 salariés sont concernés aujourd'hui. Ils auront tous une proposition de reclassement chez EDF. Certains ne vont pas souhaiter partir, pour des raisons familiales, ce que l'on peut tout à fait comprendre. Ils seront accompagnés pour retrouver un emploi", a-t-elle ajouté.

Malgré tout, certains habitants et salariés craignent malgré tout un avenir obscur pour leur territoire. Claude Brender, le maire du village, souligne que la centrale a représenté "un îlot de prospérité pour ce territoire". "On est dans l'affichage politique, on veut fermer Fessenheim pour le symbole qu'elle représente, sans prendre en compte les besoins du territoire".

Quel impact pour l'approvisionnement en électricité ?

Le Réseau de transport d'électricité (RTE) français a assuré que "la fermeture des réacteurs de Fessenheim (1 800 MW) en 2020 n’impacte pas la sécurité d’approvisionnement en France, et ce malgré le décalage de la mise en service de l’EPR de Flamanville".

_"En effet, cette fermeture est compensée par la mise en service de la centrale CCG de Landivisiau, le développement des énergies renouvelables et la mise en service de deux interconnexions avec la Grande-Bretagne et l’Italie. A partir de 2022, avec la fermeture des dernières centrales charbon et en l’absence de la mise en service de l’EPR de Flamanville, la sécurité d’approvisionnement sera sous vigilance, _ajoute RTE.