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Coronavirus : l'Espagne en quarantaine, la France passe au "stade trois" de l'épidémie

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Coronavirus : l'Espagne en quarantaine, la France passe au "stade trois" de l'épidémie
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Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé samedi soir la mise en quarantaine quasi-totale de l'Espagne. De son côté, son homologue français Edouard Philippe a déclaré la fermeture dès minuit et "jusqu'à nouvel ordre" de tous les "lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays".

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé samedi soir la mise en quarantaine quasi-totale de l'Espagne dont les habitants ne pourront sortir de chez eux que pour aller travailler ou d'autres raisons de première nécessité comme acheter à manger.

Cette mesure drastique rentre dans le cadre de l'état d'alerte décrété pour quinze jours dans le pays, le deuxième plus affecté en Europe par l'épidémie.

L'Espagne a vu les cas de coronavirus multipliés par dix depuis dimanche. Selon le quotidien El Pais, le nombre total de cas dans le pays a atteint plus de 6 200, soit plus de 1 500 de plus que vendredi soir.

En y ajoutant les décès annoncés depuis ce bilan par la région de Madrid, au moins 189 personnes sont mortes contre 121 vendredi soir.

La France passe au "stade trois"

Restaurants, bars, discothèques, cinémas sont appelés à fermer leurs portes. Les commerces sont aussi touchés, à l'exception des magasins et marchés alimentaires, pharmacies, banques, bureaux de tabac ou encore stations-essence, a précisé le Premier ministre.

En revanche, le premier tour des élections municipales se déroulera dimanche "comme prévu", à condition de "respecter strictement les consignes de distanciation et de priorisation des personnes âgées et fragiles", a ajouté M. Philippe, en demandant "calme" et "civisme" aux Français.

"Tous les services essentiels à la vie de nos concitoyens resteront évidemment ouverts", a indiqué le Premier ministre. Si "les transports urbains continueront de fonctionner", le gouvernement exhorte les Français à limiter "leurs déplacements et en particulier à éviter les déplacements inter-urbains".

"Je le dis avec gravité: nous devons tous ensemble montrer plus de discipline dans l'application de ces mesures", a insisté M. Philippe, qui a consulté samedi le Conseil scientifique composé de dix experts.

"Ce que nous devons faire en ce moment, c'est tout simplement d'éviter au maximum de se rassembler, limiter les réunions amicales et familiales, n'utiliser les transports en commun que pour aller au travail et seulement si la présence physique au travail est indispensable, ne sortir de chez soi que pour faire ses courses essentielles, faire un peu d'exercice ou voter", a-t-il égrené.

"Trop de gens dans les cafés et les restaurants"

M. Philippe a notamment déploré avoir "vu trop de gens dans les cafés, les restaurants". "Cela me réjouirait en temps normal, mais pour quelques semaines ce n'est pas ce que nous devons faire", a-t-il renchéri, notant que "les premières mesures prises de limitation des rassemblements étaient imparfaitement appliquées".

"J'ai conscience des efforts et des sacrifices qui sont demandés", a souligné le Premier ministre. "Mais j'ai confiance dans la capacité des Français à comprendre la gravité du moment et à adopter tous ensemble les comportements civiques, responsables et solidaires qui nous permettront de surmonter cette crise".

Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a annoncé samedi que 830 nouveaux cas de patients infectés par le nouveau coronavirus avaient été détectés en France, pour un total de 4.500 depuis le début de l'épidémie qui a fait pour l'heure 91 morts dans le pays.

Dans ce contexte, la France est passée samedi au "stade 3" de l'épidémie, signifiant que le virus circule désormais sur tout le territoire.

Il s'agit donc de "soutenir nos personnels soignants, les médecins, les infirmiers, tous ceux qui contribuent aux soins à l'hôpital comme en ville", a plaidé le Premier ministre, rappelant que les crèches et les écoles organiseront lundi un accueil pour leurs enfants.

"Progressivement, ce dispositif sera étendu à tous les enfants de personnels essentiels à la vie de la nation", a-t-il complété En respectant les règles, "vous vous aidez vous-mêmes et vous les aidez en évitant qu'ils ne soient submergés par l'accueil des soins sévères", a martelé le Premier ministre en s'adressant aux Français.