DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Coronavirus en France : pourquoi avoir permis l'exode des zones à risque vers l'Atlantique ?

euronews_icons_loading
Des promeneurs à vélo admirent le pont de l'île de Ré, en Charente-Maritime - France - le 16 mai 2018
Des promeneurs à vélo admirent le pont de l'île de Ré, en Charente-Maritime - France - le 16 mai 2018   -   Tous droits réservés  XAVIER LEOTY/AFP
Taille du texte Aa Aa

Pour justifier le confinement général en France, le président Emmanuel Macron a martelé que le pays était entré en guerre contre le nouveau coronavirus. Et en effet, comme en temps de conflit, un étrange exode s'en est suivi... des milliers de personnes ont quitté les villes, surtout de la région parisienne, pour se réfugier à la campagne ou sur les côtes où elles possèdent des résidences secondaires. Les îles du littoral atlantique notamment, du département de Gironde en remontant jusqu'à la Bretagne, sont désormais bondées presque comme en plein été.

La préfète de Gironde, Fabienne Buccio, a témoigné :

Le préfet de Charente-Maritime m'a dit que le pont de l'île de Ré, c'était comme au mois d'août

Alors, pourquoi les autorités, en premier lieu le gouvernement, désireuses de montrer de la fermeté après le manque de respect flagrant des règles sanitaires les plus basiques par une partie de la population, ont-elles laissé cette migration se produire sans aucun contrôle, sans aucune réaction ni décision ?

Risque réel d'une propagation dans cette zone épargnée

Les habitants et les élus locaux de la région de Nouvelle-Aquitaine, dans le sud-ouest du pays, sont vraiment fâchés et inquiets. Cette zone, pourtant vaste, est jusqu'à présent assez épargnée par l'épidémie de Covid-19 - les cas de contamination n'y sont pas trop nombreux (voir la carte ci-dessous)-, mais cela pourrait basculer à cause de l'arrivée massive de gens en provenance de régions bien plus affectées comme l'Ile-de-France.

En Charente-Maritime, l'île d'Oléron a été prise d'assaut par les "déplacés du coronavirus" comme sa grande soeur de Ré. La communauté de communes n'a pas tardé à réagir en affirmant que le confinement aurait dû avoir lieu essentiellement dans la résidence principale, et pas dans une maison secondaire de vacances. Dans un communiqué, elle se dit très préoccupée par une éventuelle affluence dans les hôpitaux locaux :

La communauté de communes s'inquiète d'un risque de surcharge aux services d'urgences qui ne sont pas dimensionnés pour gérer un nombre de patients potentiels supplémentaires

Un confinement qui tourne aux vacances de bord de mer

L'île de Ré a déjà pris les devants en demandant à l'Agence régionale de santé de rouvrir l'hôpital installé normalement seulement l'été à Saint-Martin-de-Ré. Rapidement, des tensions sont également nées entre des habitants et des résidents "à temps partiel" pour s'approvisionner : des débordements ont eu lieu au supermarché du chef-lieu et la gendarmerie a dû intervenir pour faire respecter les "gestes barrières" qui évitent la propagation du Covid-19.

Le président de la communauté de communes de l'île de Ré, Lionel Quillet, a dénoncé des incivilités :

Le problème (...) ce sont certains comportements : les arrivants se sont rués sur les courses, il y a eu des tensions avec les locaux. Ensuite, il faisait beau, ils ont pris les vélos pour se balader, il y a eu des activités nautiques

Bref, le soit-disant confinement s'est transformé en vacances habituelles en bord de mer. A la demande de la gendarmerie, les différentes petites communes ont pris des arrêtés pour interdire l'accès aux plages. Et la préfecture maritime de l'Atlantique s'est montrée ferme :

Toutes les activités nautiques, quelles qu'elles soient, sont interdites

Dans le département breton du Morbihan, durement frappé par l'épidémie, la préfecture a décidé d'interdire les locations dans quatre îles, dont celles de Groix et Belle-Ile, et cela jusqu'au 31 mars. La jolie petite île de Sein, dans le Finistère, a trouvé une autre parade pour empêcher le coronavirus de débarquer, les bateaux pour s'y rendre sont actuellement réservés aux seuls résidents principaux.

Le même problème traité avec fermeté par la Norvège

A noter que contrairement au gouvernement français, qui semble prendre ce phénomène à la légère, l'exécutif de la Norvège a décidé d'interdire à ses citoyens tout séjour dans leurs résidences secondaires. Comme en France, pour fuir le coronavirus, beaucoup de personnes allaient se réfugier dans des petites localités rurales, et les autorités avaient de plus en plus peur que les services de santé locaux en viennent à être débordés par l'irruption de cas de contamination.

Les Norvégiens qui refusent de revenir à leur domicile principal risquent désormais de payer une amende de 15 000 couronnes - ce qui équivaut à environ 1 250 euros -, voire d'être condamnés à 10 jours de prison s'ils ne veulent pas régler l'amende.

Le commentaire vidéo est réalisé par Maxime Biosse-Duplan

Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.