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Brigades Covid-19 : des enquêteurs pour détecter et isoler patients et cas contact

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Ces unités spéciales de l'Assurance maladie sont chargées ensuite d'assurer un suivi des patients atteints du coronavirus et des personnes avec lesquelles ils ont été en contact, pour qu'ils soient testés et isolés. Objectif : briser la chaîne de contaminations et éviter ainsi une deuxième vague. Reportage.

Lionel est l’un des deux cent conseillers que vous pourriez avoir au bout du fil si vous étiez amené un jour à contracter le coronavirus. A son bureau, casque aux oreilles, il dégaine des questions désormais bien rodées. Tout commence par la vérification de l'identité de la personne qu'il appelle. Des appels comme celui-ci, il y en a plus d'un chaque jour depuis deux semaines.

Nous sommes au cœur de l'une des unités spéciales covid-19 de l’Assurance maladie, l'une des branches de la Sécurité sociale en France. Sa mission : contacter les cas de Covid-19 transmis par les médecins généraliste, mais aussi toutes les personnes avec lesquelles ces personnes contaminées ont été en contact les 48 heures précédant l’apparition des symptômes.

En quoi consiste ce suivi ?

"On va définir avec eux si la notion de cas contact est avérée, si lorsqu'ils ont été amenés à rencontrer le patient 0, il y avait un respect des gestes barrières", explique Lionel, conseiller au sein de la plateforme de la CPAM du Rhône. "A défaut, on va les considérer comme cas contact, on va les orienter sur un dépistage le plus rapide possible et les inviter à s'isoler le temps que le dépistage aboutisse et que le résultat soit connu".

Un dispositif mis en place au début du déconfinement qui vise à prévenir l’apparition de nouveaux foyers de contaminations. Un travail de fourmi : en 15 jours, 1 000 appels ont été réalisés pour 150 cas de covid-19 et 750 cas contact. En moyenne, le nombre de cas contact pour une personne porteuse du covid-19 est "inférieur à trois".

Cet accompagnement personnalisé est réalisé par des professionnels habitués à manier des données sensibles. "Nous avons des conseillers assurance maladie, et des référents médicaux avec la présence d'infirmières et de médecins, ce qui est très important pour répondre à toutes les interrogations des patients", explique Johanne André, manager de plateforme Covid-19 à la CPAM du Rhône.

Quelle gestion des données personnelles ?

Parmi ces interrogations pourrait figurer la confidentialité. Selon l’Assurance maladie, les données transmises (noms des patients et résultats des tests) sont seulement accessibles par les brigades, les médecins, les pharmacies qui délivrent les médicament ou encore les laboratoires qui réalisent les tests. Des données qui seront détruites au bout de trois mois.

L’objectif est clair : éviter une seconde vague. "On est plus dans un confinement populationnel (sic). Ici, l'objectif est de détecter rapidement les personnes qui sont à risque de contamination et de les isoler. Donc on isole toutes les personnes qui ont des symptômes ou qui ont été en contact avec des personnes testées positives", détaille Guillaume Prato, vice-directeur de la CPAM du Rhône.

A la base de ce travail d’enquête : le médecin généraliste. C’est lui qui alerte les brigades en premier lieu. Un lien de proximité et de confiance qui rassure les patients, à l’ère des applications en tout genre. "Je ne veux pas de l'application, je préfère appeler moi-même les gens autour de moi et le dire à mon médecin", résume cette femme venue consulter. "Ce lien de confiance existe depuis longtemps, il a été démontré par de nombreuses études, et il s'accentue en période de crise", explique Michel Till, son médecin généraliste à Lyon.

La gestion des données personnelles a été au cœur du débat en France ces dernières semaines. Car un autre outil, plus controversé, vient désormais s'ajouter à ceux qui permettent de lutter contre le Covid-19 à l'ère du déconfinement : l'application Stop Covid-19. Elle utilise la technologie bluetooth et sera utilisé sur la base du volontariat. L'objectif est là aussi de tenter de briser la chaîne de contaminations. Mais si elle a été approuvée par l'Assemblée nationale ce mercredi, l'application suscite de nombreuses inquiétudes en matière de respect de la vie privée et des données personnelles.