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Pour les grands judokas, le contrôle de soi est essentiel sur les tatamis et dans la vie

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De grands champions de judo ont été invités par leur Fédération internationale à communiquer sur les valeurs de leur sport à l'heure où les compétitions internationales sont suspendues pour cause de pandémie de coronavirus. Teddy Riner, Marie-Ève Gahié, Younis Eyal Slman et Dominic Ressel soulignent l'importance du contrôle de soi dans leur pratique.

Teddy Riner : "Un sport cadré avec un code moral"

Surnommé le Goliath français, Teddy Riner détient dix titres de champion du monde, deux médailles d’or olympiques et cinq titres européens. Le judoka qui évolue dans la catégorie des plus de 100 kg a enregistré sa première défaite en plus de neuf ans en février face au Japonais Kokoro Kageura lors du troisième tour du dernier Grand Slam parisien.

"Je ne me vois pas comme quelqu'un d'exceptionnel ou de différent : je me sens comme moi : Teddy," confie-t-il simplement.

"Les valeurs que j'ai apprises sur le tatami et que j'utilise tous les jours, ce sont le contrôle de soi, le courage et le dépassement de soi," souligne le champion.

"Quand on est dans un sport cadré comme le judo avec un code moral qui ressemble beaucoup à l'éducation des parents, mais qui vous construit, vous accompagne tout au long d'échanges sur les tapis, alors, normalement, il n'y a pas de souci à se faire," fait-il remarquer dans un sourire.

Marie-Ève Gahié : "La patience, ce n'est pas facile !"

Titrée aux Mondiaux de Tokyo l'an dernier, Marie-Ève Gahié reste concentrée sur la préparation des Jeux Olympiques prévus dans la capitale nippone l'an prochain. La judokate française qui évolue en moins de 70 kg a remporté le bronze aux IJF World Masters en 2019 à Qingdao. Elle s'est imposée aux Grands Prix de Tbilissi et Zagreb en 2018 et lors des Grands Slams d'Abu Dhabi en 2016 et d'Ekaterinburg l'an dernier.

"C'est vraiment une passion, c'est un rêve que je vis : j'ai de la chance de le vivre de la manière dont je le vis," reconnaît la jeune femme.

"Le contrôle de soi, c'est la patience et ce n'est pas facile ! [rires] C'est prendre sur soi, faire un effort sur soi," insiste-t-elle.

"Chez moi, c'est quelque chose que j'ai vraiment dû apprendre au fur et à mesure de mes compétitions parce que quand j'étais plus jeune, j'étais très impatiente, donc je travaille encore là-dessus aujourd'hui," fait-elle remarquer.

Younis Eyal Slman : "J'ai appris à me respecter et à respecter les autres"

Judoka âgé de 27 ans et originaire de Jordanie, Younis Eyal Slman fait partie de la sélection nationale jordanienne et participera aux prochains Jeux Olympiques à Tokyo.

"Je posais des problèmes à l'école et dans le quartier," avoue le jeune judoka avant d'ajouter : "Le judo a vraiment changé ma vie : j'ai appris à me respecter et à respecter les autres."

"Le judo m'a donné un objectif : atteindre le niveau pour devenir champion de monde," lance-t-il.

"Je fais partie de la sélection jordanienne et je me suis installé à Amman où je me prépare pour les JO de Tokyo," explique-t-il.

Dominic Ressel : "Savoir se contrôler quand ça ne se passe pas bien"

Détenteur de sept titres de champion d'Allemagne dans la catégorie des moins de 81 kg, Dominic Ressel a remporté le Grand Slam à Paris l'an dernier. Il a aussi décroché la médaille d'argent au championnat d'Europe à Varsovie en 2017.

"Dans le judo, vous devez tout le temps être capable de garder votre self-control," assure-t-il. "Un jour," prévient-il, "cela ne se passera pas bien et vous devrez être capable de vous contrôler, rester respectueux, ravaler votre frustration et continuer d'aller de l'avant."