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Macédoine du Nord : des législatives dans un pays divisé

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Macédoine du Nord : des législatives dans un pays divisé
Tous droits réservés  Boris Grdanoski/AP
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Ils auraient dû voter en avril, mais coronavirus oblige, les législatives en Macédoine du Nord ont été reportées. Malgré une résurgence des contaminations, le scrutin se déroule actuellement, étalé sur trois jours entre lundi et mercredi pour séparer malades, personnes fragiles et électeurs lambda.

Depuis février, un gouvernement technique gère les affaires courantes, mais les sociaux-démocrates de Zoran Zaev mettent en avant leur bilan : un accord avec la Grèce sur le nouveau nom du pays, une adhésion à l'OTAN et le lancement des pourparlers avec Bruxelles.

Les sociaux-démocrates défendent leur bilan

_« Nous avons une option, mon option qui a pour slogan "Nous pouvons", explique _Nikola Dimitrov, le ministre sortant des Affaires étrangères qui se présente dans les rangs sociaux-démocrates. Elle consiste à avancer sur la base de ce que nous avons accompli ces deux dernières années, un miracle à divers égards. Il s'agit de résoudre des problèmes majeurs, d'investir dans les réformes demandées par l'Europe, de progresser. »

La droite évoque « une trahison »

La participation s'annonce très faible et les sondages donnent les sociaux-démocrates au coude-à-coude avec l'opposition de droite, mais sans majorité. Les petits partis, notamment ceux de la minorité albanaise, se posent donc en arbitre. La droite a surtout fait campagne contre l'accord de Prespa qui a résolu un différend vieux de 30 ans avec la Grèce et a ouvert la voie au changement de nom de pays début 2019, rebaptisé Macédoine du Nord. Les conservateurs y voient une trahison.

« Une majorité des deux tiers au Parlement est nécessaire pour changer la constitution, indique Aleksandar Nikolovski, candidat de la droite._ Si nous gagnons, évidemment, nous le ferons. »_

Les sociaux-démocrates font valoir que c'est grâce à ce changement de nom que le feu vert a été donné au lancement des négociations d'adhésion avec l'Union européenne.

« Malheureusement, nos opposants n'appartiennent pas à ce siècle, martèle Nikola Dimitrov_. C'est un nationalisme qui ne dit pas son nom. Ils font du bruit en évoquant l'annulation de l'accord de Prespa et en évitant des sujets comme l'État de droit et la justice. »_

Les accusations mutuelles ont rythmé la campagne dans un climat acrimonieux. Et la droite promet quant à elle de sortir le pays du statu quo.

« Nous ne pouvons pas vraiment entamer les négociations d'adhésion, déplore Aleksandar Nikolovski_. Il y a eu certains reports ces derniers temps. Pendant neuf ans, c'est le contentieux sur le nom de notre pays et le veto de la Grèce qui nous ont freiné, et depuis trois ans, malgré l'accord, le pays est quasiment bloqué et il n'y a aucun progrès. »_

Le 2 juillet, la Commission européenne a fixé le cadre des négociations en réclamant le renforcement de l'État de droit.