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Explosions de Beyrouth : les sinistrés se sentent abandonnés

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Explosions de Beyrouth : les sinistrés se sentent abandonnés
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Au Liban, les habitants de Beyrouth sont toujours marqués par la gigantesque explosion du 4 août. Beaucoup se sentent livrés à eux-mêmes. Reportage.

Deux semaines après l'explosion dans le port de Beyrouth, la capitale libanaise est toujours défigurée. Dans les rues, des amoncellements de gravats, tombés des bâtiments éventrés, fissurés.

De nombreux logements sont devenus inhabitables.

On estime à près de 300 000, le nombre de personnes ayant perdu leur logement.

La famille Mitri habite dans le quartier Mar Mikhael, durement frappé par le de drame. Elle refuse de quitter l'appartement dans lequel elle vit. Et pourtant l'immeuble est considéré comme dangereux. Il menace de s'effondrer. Le toit a été détruit lors de l'explosion.

On n'a plus d'électricité, plus de téléphone, depuis l'explosion. Où est-ce qu'on peut aller maintenant ? Comment voulez-vous qu'on laisse notre logement ? La porte ne ferme plus. Des voleurs sont déjà venus. Ils pourraient revenir.
Joseph Mitri
Habitant du quartier de Mar Mikhael à Beyrouth

Un drame qui s'ajoute à la crise

Comment faire pour payer les travaux de réparation ? Pour de nombreux habitants, c'est inenvisageable, en raison de la crise économique que traverse le pays. Chômage et inflation explosent, la monnaie est en chute libre.

L'explosion du 4 août a amplifié le sentiment d'abandon chez les habitants.

On n'a vu personne du gouvernement. Les seuls qui nous ont offert de l'aide, ce sont des bénévoles.
Samira Helou
Habitante du quartier de Gemmayzé
Je dois encore être opéré. Mais ici tout coûte cher. On ne peut plus se payer les soins, ni même reconstruire nos maisons.
Tony Helou
Habitant du quartier de Gemmayzé

La saturation des hôpitaux

La double explosion a fait 177 morts et plus de 6500 blessés. Problème : les hôpitaux et les cliniques n'ont pas été épargnés par le drame. Certains ne sont plus fonctionnels. Ce qui complique la prise en charge des victimes.

Et comme s'il fallait en rajouter, le nombre de cas de coronavirus ne cesse de grimper.

Il y a deux urgences. D'abord, reconstruire les équipements qui ont été détruits. Et ensuite, pour les structures qui sont toujours opérationnelles, il faut un soutien financier direct pour leur permettre de fonctionner.
Dr. Eid Azar
Hôpital Saint-Georges de Beyrouth

Les jeunes, seul espoir pour le Liban ?

Le drame de Beyrouth a suscité un élan de solidarité dans le monde entier. De nombreux pays ont envoyé de l'aide humanitaire pour participer à la reconstruction de la capitale.

Le gouvernement a été poussé à la démission, face à la colère qui s'est exprimée dans les rues. Une colère visant une classe politique accusée de corruption et de népotisme.

Les Libanais estiment qu'une nouvelle génération de jeunes devrait maintenant diriger le pays, une génération qui serait susceptible de restaurer la confiance à l'intérieur et à l'extérieur du Liban.
Léa Fayad
Correspondante d'Euronews à Beyrouth