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Les nuages de Vénus abritent un gaz provenant peut-être d'une forme de vie

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Les nuages de Vénus abritent un gaz provenant peut-être d'une forme de vie
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Des chercheurs ont établi la "présence apparente" dans les couches nuageuses de Vénus d'un gaz existant sur Terre, et se demandent s'il provient d'une forme de vie ou bien d'un processus encore inconnu de la science, selon une étude parue lundi dans Nature astronomy.

"Il nous reste deux possibilités éloignées. La première est qu'il y a une chimie inconnue, une chimie que nous ne connaissons pas. La seconde, plus intrigante, est qu'il pourrait y avoir une forme de vie dans l'atmosphère de Vénus qui produirait la phosphine que nous avons détectée" explique Sara Seager, planétologue au MIT et au-auteure de l'étude.

Sur Terre, la phosphine est synonyme d'existence

C'est la première fois que l'on découvre ce composé dans l'une des quatre planètes telluriques de notre système solaire, "la Terre mise à part", a dit à l'AFP Jane S. Greaves, professeure d'astronomie à l'Université de Cardiff, qui a dirigé l'étude.

La phosphine a été détectée par l'observation de l'atmosphère vénusienne à l'aide de deux radiotélescopes. Elle "pourrait provenir de processus inconnus de photochimie ou géochimie, ou, par analogie avec la production biologique de phosphine sur Terre, grâce à la présence de vie", explique l'étude.

On trouve ce composé dans les planètes géantes gazeuses du système solaire, comme Saturne, mais il n'est pas d'origine biologique, c'est-à-dire du vivant. Les traces de phosphine présentes dans l'atmosphère terrestre en revanche proviennent exclusivement d'une activité humaine ou microbienne.

Pour le professeur Alan Duffy, astronome à l'Université de Swinburne en Australie, la découverte de l'équipe du Pr. Greaves est "l'un des signes les plus excitants que j'ai jamais vu de la présence possible de vie en dehors de la Terre".

C'est l'un des signes les plus excitants que j'ai jamais vu de la présence possible de vie en dehors de la Terre
Alan Duffy
Astronome à l'Université de Swinburne en Australie

La présence de phosphine, un composé hautement toxique, ne dépareille pas dans l'atmosphère infernale de la deuxième planète la plus proche du soleil. Connue aussi sous le nom d'étoile du Berger, son atmosphère de gaz carbonique, à 97%, baigne dans une température de surface autour de 470°C avec une pression plus de 90 fois plus grande que la nôtre.

Mais c'est dans l'épaisse couche de nuages hyper acides, nappant la planète jusque autour de 60 km d'altitude, que l'équipe du Pr. Greaves suppose que les molécules de phosphine peuvent se trouver.

"Là les nuages sont 'tempérés' autour de 30 degrés Celsius", selon l'étude, qui n'exclut pas que le gaz se forme à une altitude plus basse et plus chaude avant de s'élever.

"Nuages vénusiens"

Mais d'où vient-il ? Le Pr Greaves "espère avoir pris en compte tous les processus susceptibles d'expliquer sa présence dans l'atmosphère de Vénus". A moins d'en identifier un nouveau, reste l'hypothèse d'une forme de vie.

Si c'est le cas, "nous pensons que (cette forme de vie) devrait être de petite taille, pour flotter librement", explique la scientifique, dont l'étude "insiste sur le fait que la détection de phosphine n'est pas une preuve robuste de vie, seulement d'une chimie anormale et inexpliquée".

Cette étude remarque ainsi que "la photochimie des gouttelettes des nuages vénusiens (de l'acide sulfurique, ndlr) est complètement inconnue".

La phosphine est composée d'un atome de phosphore et de trois d'hydrogène. Le phosphore est un des six éléments chimiques du vivant, mais comme le rappelle prudemment le Pr Greaves, sa présence sur Vénus n'implique pas la présence de vie.

"Même si une planète contenait du phosphore en abondance, il pourrait lui manquer une autre condition nécessaire à la vie, comme d'autres éléments, ou son milieu pourrait être trop chaud, ou trop sec", prévient la scientifique.

Les scientifiques s'accordent sur le fait qu'a priori l'atmosphère de Vénus, "extrêmement déshydratante et hyper acide", n'est pas propice à la vie. Mais peut-être que sa couche nuageuse pourrait l'être.

C'est pourquoi le Pr. Greaves et ses collègues plaident pour une observation plus poussée du phénomène, et d'abord pour le confirmer. En s'affranchissant idéalement du "filtre" de l'atmosphère terrestre, grâce à un télescope spatial. Et pourquoi pas avec une nouvelle visite, par sonde, de Vénus ou de son atmosphère.