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Coronavirus : tous les chiffres qui poussent au durcissement des mesures sanitaires en France

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Euronews   -   Tous droits réservés  Les départements où le taux d'incidence est largement supérieur à la moyenne nationale
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Alors que de nouvelles restrictions sont attendues dans plusieurs grandes villes françaises, comme Lyon, Nice et Marseille, quels sont les chiffres qui alertent en France ? Quelles sont les tranches d'âge et les régions les plus touchées par la hausse ? Décryptage.

C'est simple, tous les indicateurs sont en hausse. Le nombre de nouveaux cas quotidien de coronavirus a dépassé la barre des 10 000 ce jeudi, même si ce chiffre est à remettre dans son contexte : le nombre de tests réalisés chaque semaine est passé d'environ 200 000 en juin à plus d'un million en septembre.

Le nombre de morts repart légèrement à la hausse aussi. 50 décès ont été recensés en 24 heures ce jeudi. Et l'évolution au cours des dernières semaines est plutôt alarmante. Le nombre de décès recensés en une semaine a en effet augmenté de 105% entre la première et la deuxième semaine de septembre.

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Hausse du nombre de décèsEuronews

Autres indicateurs très observés par le gouvernement pour déterminer une réponse adéquate : les courbes du nombre d'hospitalisations et du nombre de personnes en réanimation. La lente hausse entamée en août se poursuit. Les nouvelles hospitalisations et admissions en réanimation enregistrent une hausse de plus d'environ 40% en une semaine (entre la première et la deuxième semaine de septembre).

"Le virus n'a jamais cessé de se propager", a rappelé le ministre français de la Santé Olivier Véran.

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Évolution du nombre des nouvelles hospitalisations et des admissions en réanimationEuronews

Quelles sont les tranches d'âge et les régions les plus touchées par la hausse ?

De nouvelles mesures de restrictions sont donc attendues, mais elles seront adaptées aux situations locales. Douze départements enregistrent en effet un taux d'incidence - soit la proportion de la population touchée par le coronavirus - supérieur à 100/100 000 habitants. C'est le cas du Rhône, des Bouches-du-Rhône, des Alpes-Maritimes, du Nord et de Paris, où ce taux d'incidence est largement supérieur à la moyenne nationale.

"Le seuil d'alerte, nous l'avions établi à 50 cas pour 100.000 habitants. Aujourd'hui, 53 départements ont dépassé ce seuil et sont donc classés dans cette fameuse "zone de circulation active du virus". Et dans certains territoires, notamment dans certaines villes, nous sommes d'ores et déjà bien au-delà. A Marseille, nous sommes à près de six fois ce seuil, en Guadeloupe à cinq fois ce seuil, à Bordeaux, à Lyon quatre fois ce seuil et à Paris à plus de trois fois ce seuil", a rappelé le ministre français de la Santé Olivier Véran lors du point presse hebdomadaire jeudi.

Les départements où le taux d'incidence est largement supérieur à la moyenne nationale
EuronewsLes départements où le taux d'incidence est largement supérieur à la moyenne nationale

Le taux d’incidence a augmenté dans l’ensemble des classes d’âge mais l’augmentation était plus importante chez les 75 ans et plus (+45%) et les 0-14 ans (+40%). Parmi les 15-44 ans, l’augmentation du taux d’incidence observée entre le 7 et le 13 septembre était la plus importante chez les 40-44 ans (+15%) puis les 15-19 ans (+13%).

"Nous avons pu constater que le virus s'est surtout répandu parmi les jeunes d'entre nous pendant l'été, avec une augmentation du taux d'infection de 140 pour 100 000 (personnes) dans la tranche d'âge 15-44 ans, dont 50 % sont asymptomatiques. Nous avons dit cet été que le risque était que le virus passe des plus jeunes, qui font moins de formes graves mais qui peuvent en faire, à ceux qui sont moins jeunes et vulnérables, qui font elles plus de formes graves. C'est ce que nous avons observé ces dernières semaines", a expliqué Olivier Véran.

Mesures renforcées dans les crèches

Des chiffres qui conduisent la France à renforcer les mesures dans les crèches. Jusque là, le personnel n'était obligé de porter le masque qu'en présence des parents. Il faudra désormais le porter aussi avec les enfants. C'est la recommandation qui a été faite par le Haut conseil pour la santé publique.

Inquiétude aussi dans les universités. Alors que les cours reprennent, les foyers d'infection se multiplient sur les campus. Résultat, certaines classes ont été fermées et les cours à distance réinstaurés. C'est ce qui s'est aussi passé dans les écoles primaires, même s'il n'est pas question, pour l'heure, de renvoyer les élèves chez eux.

"Notre message est clair : les enfants doivent aller à l'école et il n'y a pas lieu de renvoyer les élèves chez eux, voire de fermer des établissements entiers à la première alerte", a souligné Olivier Véran.

Autre motif d'inquiétude : les délais d'attente pour les tests de dépistage restent longs. Olivier Véran a reconnu de réelles "difficultés organisationnelles", mais l'arrivée des tests salivaires pourraient constituer une alternative aux tests nasaux et une solution pour réduire les embouteillages. La Haute autorité pour la Santé doit encore rendre son avis sur leur pertinence ce vendredi.