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Combat musclé entre Trump et le Covid-19 : que doit-il se passer en cas d'incapacité du président ?

Donald Trump sur la pelouse de la Maison Blanche à Washington, le 1er octobre 2020
Donald Trump sur la pelouse de la Maison Blanche à Washington, le 1er octobre 2020   -   Tous droits réservés  Carolyn Kaster/AP
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S'il y avait un dirigeant au monde qui devait gagner le concours du plus grand mépris face à l'impact du Covid-19 sur la santé physique et psychique de ses concitoyens, sur leur mode de vie quotidien, sur les conséquences sanitaires, sociales et économiques pour le pays tout entier, ce serait bien Donald Trump.

Le 45ème président des Etats-Unis va-t-il changer d'opinion, d'attitude, de fonctionnement politique maintenant qu'il a lui-même contracté la maladie ? Nous ne sommes pas dans sa tête mais nous pouvons au moins prévoir quelques conséquences à court terme dans cette affaire tout à fait exceptionnelle, à seulement un mois de l'élection présidentielle américaine.

Quels risques peut courir le locataire de la Maison Blanche ?

Les autorités sanitaires sont bien conscientes que Donald Trump présente au moins deux facteurs de risques, son âge, 74 ans, et son surpoids.

Les dernières données qui ont été rendues publiques par la Maison Blanche en juin dernier montrent que le président peut être considéré comme un homme obèse : il pèse 110 kilos et mesure 1,90 mètre, ce qui permet de calculer un indice de masse corporelle de 30,5 ; une personne est considérée comme obèse quand l'indice dépasse 30.

Attention, les spécialistes soulignent que d'autres maladies ou problèmes de santé jouent beaucoup dans l'aggravation de l'état du patient, notamment des problèmes cardiaques, de l'hypertension, du diabète, une insuffisance rénale ou encore un système immunitaire affaibli. On ne sait rien de tout cela concernant le président des Etats-Unis mais des spéculations circulent régulièrement dans la presse américaine : en juin dernier, les observateurs avaient fait remarquer qu'il descendait une rampe d'accès lentement, à tout petits pas.

Que se passerait-il en cas d'incapacité du chef suprême ?

On n'y est pas mais il serait hypocrite de dire que le monde entier ne se pose pas déjà la question. Si Donald Trump venait à ne plus pouvoir remplir son rôle et tenir les rênes de la première puissance mondiale, ce serait au vice-président, Mike Pence, de reprendre le flambeau, et parallèlement même la tête de la campagne électorale pour la présidentielle.

Scott Lucas, professeur d'études américaines à l'Université de Birmingham, en Angleterre, envisage même pour Euronews une situation encore plus dure pour le camp républicain :

Et si Mike Pence avait lui aussi le coronavirus, le pouvoir serait confié à la personne suivante, qui est en fait une démocrate : il s'agit de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi

Pour le moment, c'est hors de propos puisque le numéro 2 du pouvoir a été testé négatif au Covid-19 au cours de la journée de vendredi, ainsi que son épouse.

Dans les couloirs, la classe politique, qu'elle soit d'un bord ou de l'autre, semble également envisager carrément un report de l'élection à la présidence. Qu'en pense Scott Lucas ?

Cela nécessiterait une loi du Congrès et je pense que même les républicains au Sénat, qui ont protégé Trump pendant si longtemps, ne feront pas pression pour cela

Quid de la course à la Maison Blanche, de nouveau chamboulée ?

Ah, qu'il les aimait, ses meetings à travers le pays, en véritable "bête de scène" qu'il est, passant tour à tour de l'emportement à l'excitation, en n'oubliant jamais les moqueries contre son rival démocrate, Joe Biden. Le président sortant comptait particulièrement sur ces tournées pour se refaire dans les sondages d'intention de vote qui persistent à le donner perdant. Eh bien, c'est fini ! En tout cas, provisoirement...

La réunion électorale du 2 octobre, prévue en Floride a bien sûr été annulée, et deux autres meetings de Donald Trump programmés ce samedi dans le Wisconsin devraient connaître le même sort ; c'est particulièrement malvenu car ce dernier Etat fait partie de ceux qui vont peser fortement dans la balance présidentielle le 3 novembre prochain.

L'épreuve de la maladie peut-elle en faire un vainqueur ?

Dernière interrogation : si tout est bien qui finit bien et que le grand chef républicain se sort de l'épreuve avec une médaille de combattant exemplaire, est-ce que cela jouera pleinement en sa faveur ? Scott Lucas, professeur de Birmingham, a aussi répondu là-dessus à Euronews :

Lorsqu'un candidat tombe malade de cette façon, on se dit : peut-être qu'il pourra obtenir un vote de sympathie. Mais le problème, c'est que Donald Trump ne compte pas sur la sympathie et l'empathie pour tenter d'obtenir un soutien (...)

Nous avons vu comme il a été agressif, voire intimidant avec Joe Biden (au cours du premier débat). Je ne pense donc pas qu'il puisse dire : vous devez voter pour moi parce que vous devez avoir un peu de pitié

A 77 ans, Joe Biden, également testé au Covid-19 mais négativement pour sa part, s'est dit heureux de poursuivre sa campagne dans l'Etat du Michigan où les républicains s'étaient imposés en 2016. Le démocrate n'a pas manqué de rappeler, comme un avertissement adressé directement à son adversaire : "Portez un masque, maintenez la distanciation physique, et lavez-vous les mains !".