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Afghanistan : le groupe Etat islamique revendique les tirs de roquettes sur le centre de Kaboul

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Un Afghan tient le fragment d'une roquette qui a explosé à Kaboul le 21 novembre 2020.
Un Afghan tient le fragment d'une roquette qui a explosé à Kaboul le 21 novembre 2020.   -   Tous droits réservés  Photo : Rahmat Gul (Copyright 2019 The Associated Press. All rights reserved.)
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Au moins huit personnes ont été tuées samedi par des roquettes qui se sont abattues sur le centre de Kaboul, près de la Zone verte où se trouvent ambassades et compagnies internationales, ont indiqué des sources gouvernementales. Une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).

"Vers 8h40 ce matin, les terroristes ont tiré 23 roquettes sur la ville de Kaboul. Selon les informations initiales, huit personnes ont été tuées et 31 autres blessées"
Tariq Arian
Porte-parole du ministre de l'Interieur

Le porte-parole de la police de la capitale afghane, Ferdaws Faramarz, a confirmé ces détails et ce bilan.Les explosions se sont produites dans des zones densément peuplées, notamment à proximité de la Zone verte centrale et dans un quartier du nord. L'une des roquettes a également atterri sur le centre médical Sana, un hôpital de la capitale.

"Le choc a brisé des fenêtres et tables, et endommagé le mur. J'ai appelé au secours (...) pour évacuer les enfants qui se trouvaient dans l'hôpital"
Mariam Rahimi
Infirmière

L'ambassade iranienne a annoncé sur Twitter que son bâtiment principal avait été endommagé par les fragments de roquette, mais qu'aucun de ses employés n'a été blessé.

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué les tirs de roquettes. Avec "28 roquettes Katioucha", les "soldats du califat ont pris pour cible la Zone verte (...) où se trouvent le bâtiment de la présidence afghane, les ambassades des pays croisés, et les sièges des forces afghanes", dit le communiqué publié sur les chaînes Telegram de l'organisation djihadiste.

Ross Wilson, le chargé d'affaires américain à Kaboul, a quant à lui condamné l'attaque sur Twitter. "Les États-Unis vont continuer à travailler avec nos partenaires afghans pour éviter ce type d'attaques", a-t-il écrit.

Retrait américain

L'attaque survient avant les rencontres prévues samedi à Doha, capitale du Qatar, entre le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et les négociateurs des talibans et du gouvernement afghan, qu'il doit voir séparément.

Une vague de violence secoue l'Afghanistan depuis des mois. Les talibans se sont engagés à ne pas attaquer les zones urbaines aux termes d'un accord de retrait de l'armée américaine, mais les autorités de Kaboul ont accusé les insurgés ou leurs épigones d'autres attaques récentes dans la capitale.

Plus tôt dans la semaine, le Pentagone a annoncé le retrait prochain de quelque 2 000 soldats d'Afghanistan, accélérant ainsi le calendrier établi lors d'un accord signé en février à Doha entre Washington et les talibans qui entérinait le retrait complet des troupes à la mi-2021.

Le président Donald Trump a promis à plusieurs reprises de mettre fin aux "guerres sans fin", y compris en Afghanistan, la plus longue intervention de l'histoire américaine, lancée après les attentats du 11 septembre 2001.

Le président élu Joe Biden, sur un rare terrain d'entente avec Donald Trump, souhaite également mettre fin à la guerre en Afghanistan.

Les négociateurs des talibans et du gouvernement afghan ont lancé des pourparlers de paix à la mi-septembre, au Qatar, mais les progrès ont été lents. Des responsables ont toutefois déclaré à l'AFP vendredi qu'une percée devrait être annoncée dans les prochains jours.

Au cours des six derniers mois, les talibans ont mené 53 attentats-suicides et déclenché 1 250 explosions, qui ont fait 1 210 morts et 2 500 blessés parmi les civils, a déclaré cette semaine le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Tariq Arian.