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Covid-19: le marché automobile français a régressé en 2020 à son niveau de 1975

Des Peugeot 208 assemblées sur une ligne de production dans l'usine PSA de Trnava en Slovaquie, le 17 avril 2020
Des Peugeot 208 assemblées sur une ligne de production dans l'usine PSA de Trnava en Slovaquie, le 17 avril 2020   -   Tous droits réservés  VLADIMIR SIMICEK/AFP
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L'hexagone est revenu au temps des Renault 5, des Peugeot 504 et autres Citroën GS. Torpillé par la crise sanitaire, le marché automobile français s'est effondré de 25,5% en 2020, régressant à son niveau de 1975, selon des chiffres officiels publiés ce vendredi par le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

Quelque 1,65 million de voitures particulières neuves ont été mises en circulation l'année dernière, contre 2,2 millions en 2019, a précisé le CCFA.

Même "durant les crises des années 1990 ou 2000, on n'est jamais tombés en dessous de 1,7 million" d'unités écoulées, a déclaré à l'AFP le directeur de la communication du CCFA, François Roudier.

Le secteur a été victime de la fermeture des concessions et des usines pendant le premier confinement au printemps, et plus largement de l'attentisme des consommateurs sur fond de grave crise économique.

Les livraisons se sont écroulées de 72% en mars et 88,8% en avril, avant de se redresser pendant l'été et de mieux résister au deuxième confinement.

En décembre, le nombre d'immatriculations est revenu à un haut niveau, à 186 000, en baisse de 11,8% par rapport à un excellent décembre 2019. +10,5% en 2022 en France.

Le podium des voitures les plus vendues ces 12 derniers mois est occupé par la Peugeot 208 II ( 92 796), la Renault Clio IV (84 031) et la Peugeot 2008 II (66 698).

Trois fois plus d'électriques et d'hybrides

Dans ce climat morose, la part des voitures hybrides et électriques vendues en France en 2020, a quasiment triplé représentant 21,5%. Première voiture électrique la plus vendue, la Renault Zoé s'est invitée dans le top 10 à la neuvième position avec 37 409 exemplaires écoulés.

Parallèlement, les ventes de voitures particulières diesel ont continué de s'éroder, à 31% des mises en circulation, soit une chute de plus de 50% en valeur relative depuis 2014, selon ces statistiques du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

Une tendance à la baisse qui touche toutes les marques

Au cours de l'année, les fabricants français PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel) et Renault ont légèrement mieux résisté que le marché, mais leurs livraisons ont tout de même été amputées respectivement de 25,1% et 24,9% par rapport à 2019.

Chez PSA, les marques Peugeot (-20,5%) et DS (-17,4%) ont moins souffert, bénéficiant de gammes rajeunies, notamment les 208, 2008 et DS3 Crossback. Citroën (-30,8%) et Opel (-34,5%) ont davantage pesé sur la trajectoire commerciale du groupe, sur le point de fusionner avec l'italo-américain FCA (Fiat-Chrysler).

Et chez Renault, qui va publier ce mois-ci son nouveau plan stratégique pour tourner définitivement la page de l'ère du PDG déchu Carlos Ghosn, la marque au losange a cédé 22,7% sur l'année, mieux que le spécialiste du bas-coût Dacia (-30,1%), tandis que les sportives Alpine ont dévissé de 77,1%.

De leur côté, les constructeurs étrangers ont vu leurs immatriculations se contracter en moyenne de 26,1% sur un an. Le premier importateur en volume reste le groupe Volkswagen (avec Audi, Seat, Skoda...) qui s'est toutefois moins bien comporté que la tendance (-28,4%).

FCA, qui doit bientôt former avec PSA le quatrième conglomérat automobile mondial, a particulièrement pâti de la crise avec un repli de 41,5%, tandis que Toyota, porté par l'engouement pour les motorisations hybrides dont il est un spécialiste historique, a limité les dégâts à -12,2% sur l'année.

Les résultats de fin d'année sont moins sombres qu'attendu grâce à "un gros travail des concessionnaires, des concessions, des réseaux", a commenté M. Roudier, du CCFA.

Par ailleurs, les ventes à prix cassé aux loueurs de véhicules ont été limitées cette année du fait des difficultés de ces derniers, et les constructeurs ont pu écouler leurs véhicules à meilleur prix, augurant d'une rentabilité plus forte.

Tout le secteur a tenté de s'adapter aux restrictions sanitaires en favorisant les ventes à distance et les livraisons. La crise a aussi suscité une explosion du marché de l'occasion.

L'industrie automobile dans son ensemble devrait rebondir dans les années qui viennent, mais le retour aux niveaux d'immatriculations d'avant la crise actuelle n'est attendu qu'en 2025, selon Matthias Heck de l'agence Moody's, qui prévoit +10,7% en 2021 et +10,5% en 2022 en France.