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Nouvelle-Calédonie : les indépendantistes remportent la majorité au gouvernement

Par euronews avec AFP
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Membres du nouvel exécutif calédonien élus le 17 février 2021 à Nouméa.
Membres du nouvel exécutif calédonien élus le 17 février 2021 à Nouméa.   -   Tous droits réservés  THEO ROUBY/AFP
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Les indépendantistes ont remporté mercredi la majorité au gouvernement collégial de Nouvelle-Calédonie où ils disposent de six membres sur onze, pour la première fois depuis le début de l’accord de Nouméa signé en 1998.

Les 54 élus du Congrès, l'assemblée délibérante de Nouvelle-Calédonie, ont donc élu ce mercredi le 17ème gouvernement du territoire français situé dans le Pacifique Sud. Les élus devaient choisir entre quatre listes.

Après le dépouillement des bulletins, les deux listes indépendantistes (UC-FLNKS et Nationalistes et l’Eveil Océanien et Union Nationale pour l’Indépendance) ont reçu trois élus chacune.

En face, les non indépendantistes étaient répartis sur deux listes. Celle de la coalition majoritaire dont était issu le président sortant, l’Avenir en Confiance (AEC), a décroché quatre portefeuilles, avec 18 voix sur 54, et Calédonie ensemble, parti de centre-droit, en obtient un seul.

Ce nouveau gouvernement calédonien doit entrer en fonction qu'après l'élection de son président, ce qui était prévu ce mercredi. Mais à l'issu du vote des 11 nouveaux membres de l'exécutif, aucun des trois candidats qui s'étaient présentés à la présidence n'a obtenu la majorité des voix.

Ce scrutin, qui devait également désigner le vice-président, sera reprogrammé "prochainement" par le représentant de l'Etat français en Nouvelle-Calédonie, le haut-commissaire de la République, "dès lors que les conditions seront réunies". La gestion des affaires courantes sera donc assurée par l'équipe précédente.

Jusqu'à présent, les seize gouvernements calédoniens qui se sont succédé depuis la mise en place des institutions de l'accord de Nouméa ont été présidés par des personnalités non indépendantistes, dont aucune issue de la communauté kanak.

Une usine de nickel au cœur d'une crise politique

Cette élection de l'exécutif s'est tenue après la chute, le 2 février dernier, du précédent gouvernement à majorité loyaliste, présidé juin 2019 par Thierry Santa, en raison de la démission des cinq indépendantistes du FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste).

Les élus du FLNKS avaient mis en cause "la dynamique institutionnelle en panne, les retards du budget et les difficultés de la collégialité", et surtout le projet de cession de l'usine de nickel du groupe brésilien Vale, "qui fait primer les intérêts des multinationales sans considération des aspirations des populations locales".

THEO ROUBY/AFP
Manifestants opposé à la vente de l'usine de nickel du groupe brésilien Vale, le 12 février 2021 à NouméaTHEO ROUBY/AFP

En faisant chuter le gouvernement, le FLNKS, farouchement opposé à la reprise de cet outil industriel par Trafigura, un consortium calédonien et international comportant le négociant en matières premières, souhaitait enrayer le processus institutionnel en cours devant permettre aux collectivités de valider la transaction. Celle-ci a été différée à mars pour donner du temps au dialogue.

Le 4 octobre 2020, un deuxième référendum sur l'indépendance a été remporté d'une mince avance par les pro-français (53,3%), en recul de plus de 3 points par rapport au précédent référendum du 4 novembre 2018. Une troisième et ultime consultation devrait avoir lieu d'ici 2022, dans le cadre du processus de décolonisation en cours depuis 30 ans en Nouvelle-Calédonie.