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Familles de djihadistes : "les laisser cuire dans la haine ou les rapatrier ?"

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Une mère et son enfant dans le camp de Roj, dans le kurdistan syrien
Une mère et son enfant dans le camp de Roj, dans le kurdistan syrien   -   Tous droits réservés  Maya Alleruzzo/Copyright 2019 The Associated Press. All rights reserved.
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Que faire des femmes et des enfants de djihadistes européens détenus sur le sol syrien ? L'épineuse question taraude plusieurs pays et en premier lieu la France. L'eurodéputée Sylvie Guillaume plaide pour le rapatriement.

Elle voulait constater par elle-même la situation des quelques 100 femmes et 300 enfants français emprisonnés dans les camps de Roj, au Kurdistan syrien, appelé aussi Rojava. Mais sa délégation, composée d'avocats et de trois autres parlementaires (l'ex-LREM Frédérique Dumas, Hubert Julien-Laferrière, et le député européen écologiste, Mounir Satouri) a été empêchée d'atteindre le camp.

Selon les élus, il ne fait aucun doute que les autorités du Rojava ont répondu à la pression des autorités françaises. Rentrés en France, il y a quelques jours, ils ont demandé des explications au président Emmanuel Macron. En vain.

"Un responsable, co-président des relations extérieures du Rojava nous a dit que, considérant qu'il y avait à la fois des problèmes de sécurité et une amitié avec la France depuis longtemps, il ne pouvait pas nous laisser passer. (...) C'est une fin de non recevoir et vous faites assez vite le lien avec la pression qui a été exercée par la France", raconte Sylvie Guillaume.

En deux ans, seuls 35 enfants français, orphelins la plupart, ont été rapatriés par la France. Sylvie Guillaume plaide pour ne pas laisser à l'abandon ces femmes et ces enfants. Une question de droit, dit-elle, mais aussi une question de sécurité pour le pays, alors que les conditions sanitaires et sécuritaires sur place se détériorent.

Qu'est ce qui est plus dangereux pour notre sécurité collective ? Les laisser cuire dans la haine pendant des années ou les rapatrier ?
Sylvie Guillaume
eurodéputée socialiste

_"Je ne prétends pas absoudre ces femmes. Mais il faut qu'elles rentrent. Si elles rentrent, elles seront jugées, condamnées et feront probablement de très longues années de prison. Elles s'y attendent. Et je trouve que c'est moins dangereux quand on pose cette question de cette manière là, de les faire rentrer de manière à les contrôler et de ne pas les laisser impunies. Parce que si on les laisse au Rojava, elles sont totalement dans l'impunité", _insiste l'eurodéputée.

une approche européenne commune ?

Alors que la Belgique vient de décider le rapatriement de tous les enfants sur son sol, la parlementaire prône une approche commune au niveau européen.

"De la part des Etats membres qui ont des ressortissants sur ce territoire, je pense que ça serait important de pouvoir avoir cette démarche commune. Ne pas faire au cas par cas selon que l'on est dans tel état membre. Il y a des réticences. Je ne vous cache pas que la situation électorale à venir dans les mois qui viennent que ce soit en France, ou en Allemagne pèse beaucoup sur la décision de ces états. Mais si cela s'intègre dans une démarche commune, sans doute, cela peut avoir un autre relief et une autre compréhension", dit-elle.

Sylvie Guillaume compte bien porter le débat au parlement européen dans une résolution à venir à l'occasion des dix ans de la guerre en Syrie.