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Droits humains, migrants et pollution au cœur du palmarès du FIFDH 2021

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Le Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève (FIFDH) s'est tenu pour la deuxième année consécutive en ligne en raison des contraintes sanitaires.

Un plateau virtuel a permis la diffusion de nombreux débats et rencontres et les grandes personnalités de la défense des droits de l'homme tels que Angela Davis et Ai Weiwei entre autres étaient présents en ligne. Une nécessité en ces temps troublés.

"On sent un rétrécissement des espaces de débat autour des droits humains," affirme Isabelle Gattiker, directrice générale et artistique du FIFDH. "On sent que l'actualité médiatique est littéralement aspirée par la pandémie et ce festival est l'un des rares espaces qu'il reste à travers la planète," estime-t-elle avant d'ajouter : "On sent chez les grandes personnalités qui ont accepté de participer au festival cette année, une envie de faire entendre leurs voix à Genève pendant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU."

"Shadow Game" : "Les droits des enfants concernent aussi les mineurs migrants"

Le Grand Prix de Genève dans la section Documentaires de création a été attribué à "Shadow Game", un film sur les migrants mineurs qui fuient la guerre ou la pauvreté et tentent de rejoindre l'Europe. Le Prix du Jury des jeunes lui a également été décerné, tous les films en compétition étaient accessibles et éligibles en ligne.

"Tout le monde en Europe devrait voir le film parce que c'est ce qui se passe sur notre continent," souligne la réalisatrice Eefje Blankevoort. "Je crois aussi que ce Prix nous aidera à le montrer à des publics différents et nous avons aussi lancé une campagne d'impact et publié un manifeste dans lequel nous mettons l'accent sur les droits des enfants qui concernent aussi les mineurs migrants," poursuit-elle.

Sa collègue Els van Driel évoque elle l'empathie que le spectateur peut ressentir pour ces jeunes migrants : "On est embarqué avec eux ; on est tous passés par là, on a tous été jeunes et eu les mêmes aspirations qu'eux," assure-t-elle. "Ils veulent tous devenir quelqu'un, faire des études, avoir un emploi, prendre soin de leur famille," fait-elle remarquer.

La puissance d'évocation des "Racines du monde"

Le Grand Prix Fiction et Droits Humains a été attribué à une autre femme Byambasuren Davaa qui a ramené de Mongolie, un film : "Les racines du monde" qui à travers l'histoire d'un jeune garçon, dénonce l'impitoyable exploitation des terres mongoles par les multinationales.

"C'est l'histoire d'une famille de nomades mongols," décrit Ansgar Frerich, coproducteur du film, "qui se trouve dans une région où de nombreux filons d'or sont découverts et où les entreprises internationales achètent les terres, les détruisent et travaillent avec des produits chimiques qui empoisonnent l'eau."

Dans ces "Racines du monde" très documentées, la fiction rejoint la réalité avec une grande puissance d'évocation.

La Déclaration des droits de l'homme mise en musique

Au dernier jour du festival, Max Richter et sa partenaire Yulia Mahr ont présenté des extraits exclusifs de leur travail sur "Voices", une œuvre musicale inspirée de la Déclaration universelle des droits de l'homme qui a été interprétée et retransmise en décembre dans 37 pays et qui fait l'objet d'un album.

"Je réponds au monde qui m'entoure en composant de la musique," explique Max Richter. "Je trouvais que c'était un moment important pour mettre une nouvelle fois, ce texte en lumière," dit-il. "Nous vivons une période très angoissante, très difficile, pas seulement à cause de la pandémie, mais aussi dans les temps qui l'ont précédée avec la montée du populisme, les nouvelles politiques de droite, le nationalisme et toutes sortes de comportements isolationnistes et xénophobes," affirme-t-il.

Le forum et le Festival du film sur les droits humains a ainsi, pu se tenir virtuellement avec de nombreux invités et projections et un public qui a répondu présent en ligne car pendant la pandémie, la lutte contre la violation des droits humains doit continuer sur tous les fronts.

Journaliste • Frédéric Ponsard