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La présidentielle française menacée par Recep Tayyip Erdogan ?

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Par Euronews  avec France 5/AFP
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Emmanuel Macron, 2 mars 2021
Emmanuel Macron, 2 mars 2021   -   Tous droits réservés  France 5/AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait mis en cause la santé mentale du président français en décembre dernier, cette fois-ci c'est Emmanuel Macron qui s'en est pris à son homologue turc.

Lors d'une interview réalisée par la journaliste de France 5 Caroline Roux le 2 mars dernier, après une visioconférence entre les deux hommes, Erdogan a de nouveau été mis au banc des accusés.

Macron voit une menace turque pesée sur la présidentielle en France dans un peu plus d'un an. Il faut savoir qu'Erdogan avait déjà été accusé d'ingérence électorale en Allemagne en 2017.

"Il y aura des tentatives d'ingérence pour la prochaine élection. (De la part des Turcs ?) Evidemment. C'est écrit, et les menaces ne sont pas voilées. Donc je pense qu'il faut qu'on soit très lucide. Moi je considère que ça, c'est insoutenable. Après moi j'ai noté, depuis le début d'année, une volonté du président Erdogan de se réengager dans la relation, c'est ce que je lui ai dit tout à l'heure. Et donc je veux croire que c'est possible, ce chemin. Mais je pense qu'on ne peut pas réengager quand il y a des ambiguïtés. Et je pense en tout cas que je ne veux pas réengager une relation apaisée s'il y a derrière de telles manœuvres qui se poursuivent" a expliqué Emmanuel Macron.

Les relations franco-turques se sont dégradées depuis plus d'un an après l'offensive turque en octobre 2019 contre les forces kurdes en Syrie, alliées des Occidentaux. L'interventionnisme turc en Libye, en Méditerranée orientale et la politique française contre l'extrémisme islamique ont ensuite creusé les antagonismes.

Mais le président français ne ferme pas la porte à une amélioration des relations avec Ankara :

"Oui, il faut un dialogue avec la Turquie. Oui, il faut absolument tout faire pour que la Turquie ne tourne pas le dos à l'Europe et n'aille vers plus d'extrémisme religieux, des choix géopolitiques qui soient encore plus dangereux ou négatifs pour nous."

"C'est un partenaire sur des sujets sécuritaires, quand il y a des individus dangereux venant de zones syriennes. C'est un partenaire sur les sujets de migration, parce qu'on peut dire ce qu'on veut, mais la Turquie est aujourd'hui le pays au monde qui a le plus de réfugiés venant de la zone syrienne."

La politique migratoire semble être ce qui lie encore Ankara à l'Union européenne. "Sur ce sujet nous devons travailler avec la Turquie. Si ils (les Turcs) ouvrent les portes, vous avez trois millions de réfugiés syriens qui arrivent en Europe", a mis en garde Emmanuel Macron.