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Après une année de tensions, les dirigeants européens en Turquie pour relancer les relations

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Après une année de tensions, les dirigeants européens en Turquie pour relancer les relations
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Après une année de tensions entre Ankara et Bruxelles, le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente la Commission européenne Ursula von der Leyen sont attendus en Turquie ce mardi pour tenter de remettre à plat leurs relations.

Mais il faudra sans doute plus d'une réunion pour venir à bout des sujets de crispation, car ils sont nombreux : il y a d'abord la question de Chypre, divisée entre Grecs et Turcs. Ankara souhaite la création de deux Etats, quand Bruxelles est en faveur d'une réunification de l'île sous forme d'Etat fédéral.

Parmi les sujets de tensions, figurent aussi le rôle de la Turquie dans les conflits en Syrie, en Libye et plus récemment au Haut-Karabakh. Les dirigeants européens demandent des "gestes crédibles" et des "efforts durables" de la part d'Ankara, sans quoi la possibilité de sanctions sera sur la table.

Ils ont demandé au président turc des actes pour démontrer sa volonté d'apaisement, notamment concernant le contentieux avec la Grèce et Chypre, le retrait de ses troupes de Libye et le respect des droits fondamentaux dans son pays.

La question migratoire

L'aide aux réfugiés sera aussi au menu des discussions, cinq ans après la signature d'un pacte migratoire entre Bruxelles et Ankara, au plus fort de la crise migratoire : en échange du renvoi des migrants en situation irrégulière présents sur les îles grecques vers la Turquie, l'UE s'était engagée à aider financièrement Ankara.

Aujourd'hui, les deux parties s'accusent mutuellement de ne pas avoir respecté leurs engagements respectifs. Ankara reproche à l'UE de n'avoir versé que 3,7 millions d'euros d'aide pour l'accueil des migrants sur les 6 millions d'euros promis, tandis que les autorités turques affirment avoir dépensé plus de 40 milliards d'euros pour les réfugiés.

Bruxelles reproche de son côté à Ankara d'avoir arrêté de reprendre les migrants en situation irrégulière sur les îles grecques depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Les tensions avaient atteint leur paroxysme début 2020 lorsque le président turc avait menacé de laisser passer des centaines de milliers de migrants vers l'UE. Un moyen de pression qui avait été perçu et dénoncé comme une tentative de "chantage" à Bruxelles.

Quid des droits fondamentaux en Turquie ?

Pour l'heure, la Turquie dit vouloir des pourparlers "positifs". Un ton plus conciliant à l'égard de Bruxelles qui tranche avec le durcissement des relations avec Washington, depuis l'élection de Joe Biden.

Alors en guise de bonne volonté, l'UE s'est dite prête à engager la modernisation de l'Union douanière, à reprendre le dialogue sur certains sujets comme la sécurité, l'environnement ou la santé, et à accorder certaines facilités de visas pour les ressortissants turcs.

Mais Bruxelles attend aussi des avancées sur la question des droits politiques et humaines. Or, récemment, la Turquie s'est retirée d'un traité de lutte contre la violence faite aux femmes et a lancé une procédure judiciaire pour interdire le parti prokurde HDP, troisième grande formation politique du pays. De quoi inciter Bruxelles à ne pas s'emballer.