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Exilés bloqués en mer : Matteo Salvini ne devrait pas être jugé selon un procureur

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Exilés bloqués en mer : Matteo Salvini ne devrait pas être jugé selon un procureur
Tous droits réservés  Andrew Medichini/AP
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L'ex-ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini ne devrait pas être jugé pour séquestration de migrants, a estimé samedi un procureur, un mois avant la décision que doit prendre un juge sur la tenue d'un éventuel d'un procès sur une affaire d'exilés bloqués en mer.

Dans cette affaire Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite) et ministre de l'Intérieur dans le premier gouvernement de Giuseppe Conte, est soupçonné d'abus de pouvoir et de séquestration de personnes pour avoir bloqué en mer, pendant plusieurs jours en 2019, 116 migrants qui se trouvaient à bord d'un navire des garde-côtes italiens, le Gregoretti.

Son comportement ne relève pas du "délit de séquestration" et il n'y a pas de "charges justifiant des poursuites en justice", a estimé le procureur Andrea Bonomo lors d'une audience préliminaire à Catane en Sicile, selon l'agence de presse ANSA.

Selon le procureur, M. Salvini "n'a violé aucune convention internationale" et a agi avec le soutien du gouvernement lors de cet épisode.

Le juge Nunzio Sarpietro doit décider le 14 mai soit de classer l'affaire soit d'ordonner un procès à l'issue duquel M. Salvini risque une peine maximale de quinze ans de prison s'il est condamné.

"Je suis heureux car le ministère public a déclaré qu'il n'y avait ni crime ni séquestration... Donc je retourne tranquillement auprès de mes enfants et espère que ce sera terminé le 14 mai"
Matteo Salvini (à l'issue de l'audience préliminaire)
Ex-ministre italien de l'Intérieur

Le long calvaire des exilés

Les exilés avaient été secourus en Méditerranée le 25 juillet 2019, après cinq jours en mer.

Ils avaient été transférés à bord du Gregoretti le lendemain, puis bloqués à bord du navire de patrouille où ils sont restés entassés dans une chaleur impitoyable malgré des cas de gale et un cas suspect de tuberculose.

Quinze mineurs non accompagnés avaient été autorisés à quitter le bord le 29 juillet à la suite de la décision d'un tribunal pour enfants de Catane. Les autres 116 migrants ont débarqué le 31 juillet après que M. Salvini eut annoncé la conclusion d'un accord avec d'autres pays de l'Union européenne ayant accepté de prendre en charge certains d'entre eux.

Le chef de la Ligue a toujours défendu sa ligne dure concernant les exilés en invoquant la nécessité d'un partage de l'accueil entre les pays membres de l'UE et de dissuader les candidats à l'immigration en Europe à entreprendre la périlleuse traversée à partir de la Libye.

"Nous avons sauvé des vies, nous avons lancé un signal d'alarme à l'Europe, nous avons restauré la dignité et la sécurité de l'Italie", a affirmé M. Salvini samedi.

Selon l'Organisation internationale pour les Migrations (OIM), plus de 3 000 personnes ont péri ou été portées disparues depuis 2014 en tentant de rejoindre Malte ou l'Italie depuis l'Afrique du Nord.

Mais les exilés qui restent en Libye ou sont interceptés en mer et forcés de regagner ce pays sont exposés à des actes de torture et de maltraitance, selon de multiples rapports d'organisations de défense des droits de l'homme et d'agences de l'Onu.

Matteo Salvini affronte une autre procédure similaire à Palerme, en Sicile, dans laquelle il est également accusé de séquestration de personnes et d'abus de pouvoir pour avoir interdit le débarquement d'une centaine de migrants secourus en mer par Open Arms en août 2019 et refusé pendant des jours d'accorder un port sûr au navire de l'ONG espagnole qui mouillait au large de la petite île de Lampedusa, alors que les conditions à bord s'aggravaient.

Un juge doit aussi se prononcer sur la tenue ou non d'un procès concernant cette affaire au cours d'une audience prévue le 17 avril.