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Levée des restrictions Covid-19 : les Français entre impatience et interrogations

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Par euronews
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Terrasse parisienne, 29 avril 2021
Terrasse parisienne, 29 avril 2021   -   Tous droits réservés  AFP

On bâtit des terrasses, on peaufine les vitrines, on fait le ménage dans les cuisines, c'est l'effervescence pour certains restaurateurs, juste l'attente pour d'autres...

Le calendrier du déconfinement "en quatre étapes" a été dévoilé. Si tout va bien, si la situation sanitaire, fragile, ne se dégrade pas, les réouvertures vont s'accélérer entre le 19 mai et le 30 juin. Et cela réjouit la majorité des cafetiers, restaurateurs et commerçants :

"Je crois que le cauchemar se termine parce qu'il faut bien comprendre que toutes ces chaises sur les tables depuis des mois et des mois, c'est destructeur au niveau psychologique. Donc aujourd'hui, on est plein d'optimisme, on est vaillants, on a le cœur à l'ouvrage. Mes employés... Les employés de toute la restauration sont dans les starting-blocks, et on les attend, les clients" explique Alain Fontaine, propriétaire du restaurant "Le Mesturet" et président de l'association des Maîtres-Restaurateurs.

Marie, gérante d'une boutique de vêtements, est elle aussi satisfaite :

"Je suis contente de rouvrir. J'ai hâte. En même temps je ne comprends pas vraiment pourquoi une petite boutique comme la mienne avait besoin de fermer, par ce que je peux jauger le nombre de clients qui rentrent et qui sortent."

Le 19 mai, ce sera donc le retour des Français en terrasses des bars et restaurants, avec six personnes par table maximum et un couvre-feu repoussé à 21h.

En plus des commerces, à cette date, les musées, cinémas et théâtres pourront aussi rouvrir dans la limite de 800 personnes en intérieur et un millier en extérieur et des protocoles adaptés.

Troisième étape : le 9 juin, le couvre-feu sera décalé à 23h et les cafés et restaurants pourront rouvrir en intérieur - toujours avec six convives par table maximum. Il sera possible de retourner à la salle de sport et le télétravail sera assoupli.

Enfin le 30 juin, à la veille des vacances, "fin du couvre-feu", a affirmé le chef de l'Etat. Il sera possible de participer à des événements de plus de 1 000 personnes, mais avec un pass sanitaire (test négatif de moins de 72 heures ou certificat d'immunité).

Mais pas la peine d'aller plus loin dans le détail pour Pascale, retraitée parisienne :

"Je pense que tout ça c’est de la com. Je ne vois pas comment on peut annoncer des choses. On est encore méchamment dans la crise. Je ne vois pas comment on peut annoncer des choses d’une façon aussi ferme dans le calendrier. Ça me paraît tellement idiot. Soit on veut faire de la "calinothérapie". On fait plaisir aux gens. On leur annonce des choses pour les calmer. Mais ça ne me paraît pas très sérieux tout ça."

Emmanuel Macron a pourtant été clair. Les autorités actionneront des "freins d'urgence sanitaires dans les territoires où le virus circulerait trop" : plus de 400 infections pour 100 000 habitants, une augmentation "très brutale" de ce taux ou "une menace de saturation des services de réanimation" et ce sera le retour aux restrictions.

Précipitation

Les professionnels de santé ont accueilli ce calendrier avec prudence.

"Peut-être que ça va se stabiliser mais je ne vois pas par quel miracle", a affirmé sur RTL Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon à Paris, pour qui la prise de décision "est de plus en plus écartée de la logique scientifique".

"Gare à la précipitation", a averti la fédération hospitalière de France.

En revanche pour Simon Cauchemez, membre du Conseil scientifique qui conseille le gouvernement, "si l'on étale progressivement la levée des restrictions sanitaires jusqu'à début juillet, avec un rythme plus soutenu sur la vaccination, on se retrouve au début des grandes vacances dans une situation épidémique plus tenable".

Sources additionnelles • AP, AFP