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Jersey : l'inquiétude des pêcheurs français

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Par Euronews
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Un pêcheur du navire Le Cap Lihou, le 10 mai 2021.
Un pêcheur du navire Le Cap Lihou, le 10 mai 2021.   -   Tous droits réservés  AP Photo

Voilà plusieurs années que Baptiste Guenon et son équipage pêchent dans les eaux de la Manche, autour de l'île de Jersey. D'ordinaire, le navire normand peut se rendre dans les eaux de l'île une centaine de jours par an. Mais cette année, ce chiffre s'est réduit à 22 jours. Une conséquence des nouvelles règles imposées aux marins français par le Royaume-Uni, à la suite du Brexit.

"Vous voyez cette ligne rouge ? Nous ne pouvons plus y aller. Vous voyez, c'est notre littoral et nous n'avons plus une zone aussi grande pour travailler. Avant, nous pouvions pêcher partout, mais maintenant c'est fini", explique le pêcheur en montrant une carte affichant les restrictions de pêche.

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Le trait rouge délimite la zone de pêche interdite à Baptiste Guenon.AP Photo

Baptiste Guenon oscille entre perplexité et colère. Pour lui, ces nouvelles conditions nuisent aux pêcheurs français, mais aussi à Jersey : "Jersey a besoin de nous, elle a besoin de la France pour vendre ses produits et nous avons besoin d'eux pour la moitié de notre zone de pêche. C'est un accord que nous avons depuis des années et qu'ils ont rompu."

Le pêcheur était présent lors de la manifestation des bateaux de pêche français vendredi dernier, pour protester contre les conditions imposées par Jersey et le Royaume-Uni. Seuls 41 navires français avaient été autorisés à pêcher dans les eaux de l'île, sur 344 demandes.

Ce jeudi, Jersey a décidé de calmer le jeu en suspendant ses mesures de restrictions jusqu'au 1er juillet, comme l'a rapporté le quotidien régional Ouest-France. Les négociations se poursuivent mais en attendant, tous les pêcheurs français peuvent retourner dans les eaux de l'île.

"Ce délai qui s’ouvre doit être mis à profit pour obtenir une victoire définitive et permettre aux pêcheurs de poursuivre leur activité historique dans les eaux des îles anglo-normandes" a déclaré dans le journal le député de la Manche, Bertrand Sorre.