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Environnement : l'UE veut faire interdire les forages dans l'Arctique

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Par euronews avec AFP
Vue de l'archipel norvégien du Svalbard dans l'océan Arctique, le 23 septembre 2021
Vue de l'archipel norvégien du Svalbard dans l'océan Arctique, le 23 septembre 2021   -   Tous droits réservés  OLIVIER MORIN / AFP
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L’Arctique doit-il rester un sanctuaire ? L'Union européenne vient de lancer une initiative qui va dans ce sens malgré les appétits qui s'aiguisent pour exploiter les ressources de cette région. L'UE veut ainsi négocier un moratoire international pour interdire l'exploitation des gisements de gaz, de pétrole et de charbon dans l'Arctique et pourrait interdire l'achat des hydrocarbures extraits de cette région, a annoncé ce mercredi la Commission européenne.

"Le charbon, le gaz et le pétrole doivent rester sous terre dans cette région", a plaidé le commissaire à l'Environnement Virginijus Sinkevicius lors d'une conférence de presse consacrée à la présentation de la nouvelle Stratégie Arctique de l'UE.

La Commission, a-t-il dit, veut étudier avec ses partenaires "une obligation juridique multilatérale de ne plus autoriser l'exploitation de réserves d'hydrocarbures dans l'Arctique ou les régions contiguës, ni d'acheter ces hydrocarbures s'ils étaient produits".

L'UE peut s'appuyer sur les moratoires partiels sur l'exploration des hydrocarbures dans l'Arctique mis en place avec les États-Unis, le Canada ou le Groenland, a précisé le commissaire lituanien.

"Nous ne sommes pas naïfs", a-t-il reconnu, "il faudra des efforts diplomatiques intenses, mais l'UE doit donner l'exemple".

De son côté, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a fait remarquer que "l'Arctique évolue rapidement, en raison de l'impact du réchauffement climatique, de la concurrence accrue pour les ressources naturelles et des rivalités géopolitiques".

"Ces évolutions montrent que l'Europe doit définir ses intérêts géopolitiques de manière large afin de promouvoir la stabilité, la sécurité et la coopération pacifique dans l'Arctique", a-t-il estimé dans un communiqué.

La diplomatie de l'UE est associée à la préparation de cette stratégie en Arctique par le commissaire Sinkevicius.

Cette région, a encore fait valoir M. Sinkevicius, "se réchauffe trois fois plus vite que le reste de la planète. La fonte des glaces et le dégel du permafrost dans l'Arctique accélèrent encore le changement climatique et ont d'énormes effets d'entraînement".

La demande croissante en combustibles pour relancer les économies mises à mal dans le monde entier par la pandémie de Covid-19 attise les convoitises pour les réserves de la région.

L'UE va devoir convaincre les Etats-Unis, le Canada, la Russie, la Norvège, l'Islande d'accepter un tel moratoire. Or la Russie a fait de l'exploitation des richesses arctiques – pétrole, gaz et minerais – une priorité stratégique.

"La zone arctique a un potentiel énorme. En terme de ressources, on parle de 15 milliards de tonnes de pétrole et cent mille milliards de m3 de gaz. Assez pour des dizaines voire des centaines d'années", soulignait en septembre le vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak.

Leur rentabilité va par contre dépendre en partie de la route maritime du nord, ou passage du Nord-Est. Cette voie arctique, moitié moins longue que celle du Canal de Suez, doit simplifier la livraison d'hydrocarbures à l'Asie du Sud-Est en reliant les océans Atlantique, Pacifique et Arctique.

"L'UE doit aller plus loin"

Cette initiative a été saluée par l'ONG Surfrider Foundation Europe. Mais l'organisation demande aux institutions européennes d'aller plus loin en espérant "que l'interdiction des forages proposée pour l'Arctique sera étendue à d'autres zones à haute valeur écologique dans les mers de l'UE, notamment les aires marines protégées ".

Si Surfrider Foundation Europe salue également la volonté de la Commission européenne de "réduire l’impact du transport maritime dans cette région", l'ONG demande "une interdiction totale du fioul lourd qui nuit à l’écosystème marin du moment de son extraction jusqu’à son utilisation".

Enfin, "l’UE doit pousser pour un accord international interdisant l’utilisation de la route maritime de l’Arctique", selon Yana Prokofyeva, chargée de plaidoyer sur les questions d'offshore et de changement climatique pour Surfrider Foundation Europe.