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Massacre d'Algériens en 1961 : Macron reconnaît des "crimes inexcusables"

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Par euronews  avec AFP
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Massacre d'Algériens en 1961 : Macron reconnaît des "crimes inexcusables"
Tous droits réservés  Rafael Yaghobzadeh/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

"Des crimes inexcusables pour la République" c'est en ces termes très forts qu'Emmanuel Macron a reconnu ce samedi la responsabilité de l'Etat dans le massacre d'Algériens à Paris, le 17 octobre 1961.

Un geste inédit pour un président français. Il s'est recueilli aux côtés des familles de victimes sur les berges de la Seine, à la hauteur du pont de Bezons emprunté il y a 60 ans par les manifestants réunis à l'appel de la branche du FLN établie en France.

"Ils ont commencé à massacrer les gens, ont donné des coups de matraques sur la tête, des coups de chaussures, je n'ai jamais vu une chose pareille", témoigne Said Abtout qui était parmi eux.

L'Elysée évoque une répression "brutale, violente, et sanglante", et reconnaît que ces crimes ont été "commis sous l'autorité du préfet de police Maurice Papon". Le bilan officiel évoque trois morts. Les historiens en dénombrent des dizaines.

"La question du bilan est très complexe", selon l'historien Emmanuel Blanchard. Il y a eu "plusieurs dizaines de morts, les 17, 18, 19 octobre 1961, au moins une centaine sur la période de septembre/octobre 1961, ça fait de ce moment un moment de massacres. C'est la répression la plus violente en Europe de l'ouest après la seconde guerre mondiale, même si on travaille sur les estimations a minima".

Dans son communiqué, l'Elysée précise que "près de 12 000 Algériens furent arrêtés et transférés dans des centres de tri dans divers lieux". "Le président rend hommage à la mémoire de toutes les victimes", est-il écrit.

Alors que le climat diplomatique est de nouveau tendu avec Alger, le président français continue d'avancer dans son chantier sur la "réconciliation mémorielle" .