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Entrée en campagne violente : série d'incidents au premier meeting officiel d'Éric Zemmour

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Par Anelise Borges, euronews
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Le candidat du parti d'extrême droite "Reconquête", Éric Zemmour sur la scène du Parc des expositions à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, France, 5 décembre 2021
Le candidat du parti d'extrême droite "Reconquête", Éric Zemmour sur la scène du Parc des expositions à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, France, 5 décembre 2021   -   Tous droits réservés  Rafael Yaghobzadeh/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Journalistes brièvement mis à l'abri, violences contre des militants de SOS Racisme, blessure au poignet pour le candidat d'extrême droite... Le premier meeting officiel du candidat Eric Zemmour, dans la banlieue de Paris, a été émaillé d'une série d'incidents, mais le polémiste a fait passer son message :

"L'enjeu est énorme. Si je gagne cette élection, ce sera le début de la reconquête du plus beau pays du monde."

Devant une foule de partisans allant d'anciens fillonistes, à des militants lepénistes en passant par des royalistes, Eric Zemmour a donc promis une "Reconquête", et c'est le nom de son parti.

Il affirme qu'il est le seul candidat capable de "sauver" la France du "déclin et de la décadence" auxquels, selon lui, la nation est confrontée. Mais la justice l'a condamné deux fois pour provocation à la haine religieuse et discrimination raciale en 2019, et d'autres affaires sont en cours.

Racisme, sexisme, antisémitisme, Éric Zemmour cumule les controverses et semble en être fier :

"Au cours des derniers mois, vous avez peut-être entend u beaucoup de choses à mon sujet. Certains ont dit que j'étais brutal. Oui, cela a pu arriver car je suis un passionné, et mon engagement est total, et la France au bord du gouffre."

Mon engagement est total, et la France au bord du gouffre.
Éric Zemmour
Chef du parti "Reconquête"

Pour ses partisans, ce candidat est exactement ce dont le pays a besoin :

"Même s'il est parfois excessif, je pense que nous avons besoin de cela. Au moins au début, pour mettre de l'ordre dans notre pays", explique Théo, étudiant.

"Je crois que c'est important de revenir aux valeurs traditionnelles, ancestrales. C'est important. Et il faut les revaloriser. Il faut des décisions plus radicales", ajoute Léo, un autre étudiant.

Et même si beaucoup de gens le décrivent comme sexiste, misogyne, Michèle, retraitée, explique :

"Et bien moi, je l'adore. La France s'enfonce, elle va vers le mur et lui, il est le seul avec des bonnes propositions pour sortir la France ... et l'Occident. Parce que l'Occident y perd son identité, sa culture, y va vers le mur."

Au début du discours du candidat, une dizaine de militants de SOS Racisme, dissimulés dans le public, ont dévoilé des t-shirts avec un autre message, "Non au racisme".

Des violences ont éclaté. Les militants de SOS Racisme ont reçu des coups et ont été visés par des jets de chaises. Plusieurs courses-poursuites ont eu lieu à l'arrière de la salle, ils ont été exfiltrés, dans une grande confusion.

Ses partisans disent qu'ils ont été provoqués, Eric Zemmour ne les contredit pas et rajoute :

"S'il me détestent, c'est parce qu'ils vous détestent. S'ils me méprisent, c'est parce qu'ils vous méprisent. Contre moi, tout est permis, La meute est maintenant sur mes talons. Mes adversaires veulent ma mort politique, les journalistes veulent ma mort sociale et les djihadistes veulent ma mort tout court."

"Il n'est pas certain qu'Eric Zemmour puisse encore élargir sa base de soutien actuelle et atteindre le second tour des élections présidentielles françaises l'année prochaine. Mais sa présence dans cette course électorale est la preuve que les idées d'extrême droite infusent dans la société... Et ce début de campagne a donné le ton du débat politique du pays à l'approche de 2022", estime notre reporter Anelise Borges.

Blessure au poignet et journalistes hués

Il faut revenir au début du meeting. Après une série d'interventions de soutiens à la tribune, Eric Zemmour est arrivé dans la salle vers 17h30.

Au milieu de la foule en liesse, un individu l'a alors empoigné. "L'agresseur" a aussitôt été exfiltré, a indiqué l'équipe d'Eric Zemmour. Puis interpellé par la police. L'entourage du candidat a fait savoir dans la soirée qu'il souffrait d'une blessure au poignet et qu'il s'était vu prescrire neuf jours d'ITT, incapacité totale de travail.

Avant même les premiers discours, au Parc des expositions de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, le ton était aussi monté brutalement contre une équipe de l'émission Quotidien (TMC-TF1), connue pour son traitement sarcastique de la politique.

Alors qu'ils interrogeaient des participants, des journalistes ont été pris à partie par un petit groupe de jeunes supporteurs du candidat, puis hués par une foule de plus en plus dense au cri de "Tout le monde déteste Quotidien".

La sécurité a dû intervenir précipitamment pour les mettre brièvement à l'abri.

"La sécurité a sur-réagi. Ils sont revenus. Il n'y a eu aucune violence", a assuré l'équipe de communication du candidat.

En début d'après-midi, quelques 2 000 manifestants avaient défilé dans les rues de Paris pour "faire taire" Eric Zemmour. Des militants hostiles au candidat d'extrême droite s'étaient aussi regroupés à Villepinte, où 57 personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police.

Sources additionnelles • AP, AFP