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Sous-variant d'Omicron BA.2 : est-il plus contagieux ou plus dangereux que les autres virus?

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Par Hüseyin Koyuncu  avec AFP
une image au microscope électronique montrant des particules du virus SRAS-CoV-2 à l'origine du COVID-19,
une image au microscope électronique montrant des particules du virus SRAS-CoV-2 à l'origine du COVID-19,   -   Tous droits réservés  AP Photo

Alors que la plupart des pays européens annoncent l'assouplissement des restrictions sanitaires contre le Covid-19, le spectre d'une nouvelle vague de contamination suscite l'inquiétude de la communauté scientifique.

Un sous-variant d'Omicron, détecté également en France, est désormais suivi de près par les autorités sanitaires. Baptisé BA.2, il est déjà majoritaire au Danemark et en Inde, et présente plusieurs mutations qui pourrait modifier une fois de plus les caractéristiques du virus SARS-CoV-2

Faut-il s'inquiéter de l'émergence du sous-variant BA.2 qui risque bientôt de prendre la place de son "grand frère" Omicron?

C'est un dérivé du variant Omicron

Le nom Omicron est en fait un "terme générique" qui désigne sans distinction plusieurs lignages de virus très proches, comme l'explique l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Parmi ces sous-lignages du variant surveillés sous le nom d'Omicron, c'est celui désigné par l'appellation BA.1 qui est quasi hégémonique et provoque des contaminations records en France.

Selon de nombreuses études, le variant Omicron est bien plus contagieux que Delta mais a des caractéristiques qui le rendent moins virulent.

La forte propagation du variant Omicron augmente de façon significative la probabilité que de nouveaux sous-variants apparaissent. Les mutations sont en réalité le résultat "des erreurs" lors du processus de réplication du virus. Donc selon ce principe, plus les contaminations sont importantes, plus l'apparition de nouvelles mutations est probable. Le variant Delta avait aussi donné lieu à des sous-variants tels que "Delta plus".

Est-il plus contagieux ?

Certaines données attirent l'attention : BA.2, serait ainsi devenu majoritaire en Inde ou au Danemark, où le nombre de cas quotidiens est reparti à la hausse depuis quelques jours.

"Ce qui nous a surpris, c'est la rapidité avec laquelle ce sous-variant, qui a beaucoup circulé en Asie, s'est installé au Danemark", déclare l'épidémiologiste Antoine Flahault.

"Le pays attendait un pic des contaminations à la mi-janvier; il ne s'est pas produit et peut-être est-ce dû à ce sous-variant, qui semble très transmissible, mais pas plus virulent" que le variant originel, poursuit-il.

Au Danemark, BA.2 est progressivement en train de remplacer le variant Omicron "classique", et les autorités danoises n'ont pas d'explication à ce phénomène pour le moment.

Mais selon les premiers éléments disponibles, il est fort probable que ce sous-variant soit plus contagieux.

Est-il plus dangereux que les autres variants ?

C'est peut-être la question la plus importante pour le moment. Avec le variant Omicron, l’Agence européenne des médicaments (EMA) estime que nous allons "vers une endémisation du virus", mais cela sera possible qu'à condition que la dangerosité du virus n'augmente pas.

Un nouveau variant, plus résistant aux vaccins et plus dangereux, mettrait fin à l'espoir d'une fin proche de la pandémie.

"Ce qui nous intéresse, c'est si (ce sous-variant) possède des caractéristiques différentes (de BA.1) en termes de contagiosité, d'échappement immunitaire ou de sévérité", a noté vendredi l'agence Santé publique France.

Toutefois bien que prudents, les scientifiques ne semblent pas pour autant alarmistes. Pour l'épidémiologiste Antoine Flahault, il est encore trop tôt pour s'inquiéter, mais la "vigilance" est de mise.

"On a pour le moment l'impression qu'il est d'une sévérité comparable à Omicron mais de nombreuses questions sont encore sur la table", ajoute le directeur de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève.

Il invite à "mettre en place des techniques de criblage pour bien détecter" BA.2 et "voir rapidement quelles sont ses propriétés".

"Des observations très précoces en Inde et au Danemark suggèrent qu'il n'y a pas de différence majeure de gravité par rapport à BA.1", a également tweeté Tom Peacock, virologue à l'Imperial College de Londres.

Selon lui, les mutations observées ne devraient pas non plus remettre en cause l'efficacité des vaccins.

"Même avec une transmissibilité légèrement plus élevée" que la version classique d'Omicron, il ne s'attend absolument pas à un changement équivalent à celui qui s'est produit quand ce dernier variant a supplanté Delta.

"Personnellement, je ne pense pas que BA.2 va avoir un impact substantiel sur la vague actuelle de la pandémie", a-t-il noté.

Oliver Véran : BA.2 "ne change pas la donne"

Le ministre français de la Santé, Olivier Véran, s'était montré plutôt prudent jeudi. "Il y a des variants assez régulièrement", avait-il rappelé lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre Jean Castex. "Pour ce que nous savons pour l'instant, il correspond peu ou prou aux caractéristiques que nous connaissons d'Omicron".

Il ne "change pas la donne" à ce stade, avait ajouté le ministre. Comme le variant Delta avant lui, le variant Omicron, en se répliquant, a généré des "petits frères", des sous-lignages qui comportent une ou deux mutations par rapport au génome d'origine.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a classé Omicron comme "variant préoccupant", ne fait à ce stade pas de distinction avec le sous-variant BA.2.