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Français et Européens annoncent un « retrait coordonné » de leurs forces armées au Mali

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Par Euronews  avec AFP
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Les forces françaises au Mali
Les forces françaises au Mali   -   Tous droits réservés  AFP

A la veille d'un sommet de deux jours entre l'Union européenne et l'Union Africaine à Bruxelles, Emmanuel Macron a rencontré des dirigeants des deux unions.

La France vient d'annoncer le retrait du Mali des forces françaises de Barkhane, l'opération antidjihadiste au Sahel. Cela met fin à une mission de neuf ans dans le pays. Environ 2 400 hommes y sont actuellement déployés. Depuis 2013, 53 soldats français ont été tués au Sahel, dont 48 au Mali.

Selon le président français, la fermeture des dernières bases française aura lieu "d'ici 4 à 6 mois".

"En raison des multiples obstructions des autorités de transition maliennes, le Canada et les états Européens opérant aux côtés de l'opération (française) Barkhane et au sein de la Task Force Takuba estiment que les conditions ne sont plus réunies pour poursuivre efficacement leur engagement militaire actuel dans la lutte contre le terrorisme au Mali et ont donc décidé d'entamer le retrait coordonné du territoire malien de leurs moyens militaires respectifs dédiés à ces opérations", ont souligné la France et ses partenaires dans une déclaration conjointe. 

Ceux-ci ne partagent pas la "stratégie" et "les objectifs cachés" de la junte de Bamako, a ajouté Emmanuel Macron : "Nous ne pouvons pas rester engagés militairement aux côtés d'autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés. C'est la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui au Mali. La lutte contre le terrorisme ne peut pas tout justifier, elle ne doit pas, sous prétexte d'être une priorité absolue, se transformer en exercice de conservation indéfinie du pouvoir", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Des militaires européens redéployés vers le Niger

Le président français a déclaré que des militaires européens participant au groupement de forces spéciales Takuba "seront repositionnés aux côtés des forces armées nigériennes dans la région frontalière du Mali".

"Ce retrait se traduira par la fermeture des emprises de Gossi de Ménaka et de Gao, il sera effectuée de manière ordonnée, avec les forces armées maliennes et avec la Mission des Nations unies au Mali" et "durant cette période, nous maintiendrons nos missions de soutien au profit de la Minusma", a précisé le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse.

"Nous comprenons cette décision", a déclaré Maki Sall, le président sénégalais, dans une conférence de presse commune avec le président Emmanuel Macron. "La lutte contre le terrorisme au Sahel ne saurait être la seule affaire des pays africains (...). Nous sommes heureux que l'engagement ait été renouvelé de rester dans la région et de réarticuler le dispositif", a-t-il ajouté. 

Tensions

Paris a l'intention de maintenir ses opérations militaires pour lutter contre l'extrémisme islamique dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest, pour les aider à contrer la propagation du djihadisme vers le golfe de Guinée.

Les tensions se sont accrues entre le Mali, ses pays voisins et l'Union européenne. La France, ancienne puissance coloniale, a initialement déployé des troupes en 2013 pour repousser l'avancée des combattants djihadistes. Mais malgré des victoires tactiques, le terrain n'a jamais été véritablement repris par l'Etat malien et ses forces armées.

150 milliards d'euros pour les infrastructures africaines

Avant le sommet Union Européenne-Afrique, Bruxelles a lancé une opération de charme suite aux critiques du maintien de l'ancien modèle colonial, où les Africains sont seulement des exportateurs de matières premières.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a promis que l'Europe mobiliserait 150 milliards d'euros au cours des prochaines années pour aider les infrastructures africaines à se développer.