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Hongrie : Viktor Orban savoure sa victoire aux législatives

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Par euronews  avec AFP, AP
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Le Premier ministre sortant Viktor Orban, fêtant sa victoire aux législatives - Budapest (Hongrie), le 03/04/2022
Le Premier ministre sortant Viktor Orban, fêtant sa victoire aux législatives - Budapest (Hongrie), le 03/04/2022   -   Tous droits réservés  Petr David Josek/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

Avec plus de 56% des suffrages, le parti du Premier ministre Viktor Orban a remporté largement les législatives de ce dimanche. "Nous n'avons jamais été aussi forts que ce soir", a estimé le Premier ministre sortant, pour saluer sa victoire.

Viktor Orban est assuré d'obtenir un quatrième mandat consécutif à la tête du gouvernement hongrois. Les opérations de comptage sont quasiment finies, et les résultats (encore partiels) indiquent une nette victoire du dirigeant souverainiste.

Notre victoire est tellement grande qu’on peut sans doute la voir depuis la lune, et en tout cas certainement depuis Bruxelles.
Viktor Orban
Premier ministre sortant

Son parti Fidesz aurait obtenu près de 55% des voix, soit 111 des 199 sièges au Parlement.

L'opposition, qui avançait unie au sein d'une alliance inédite de six partis, n'aurait décroché que 33% des voix, soit 63 sièges.

A noter, le score du mouvement d’extrême-droite Notre patrie qui obtiendrait autour de 6,5% des suffrages. Cette formation est née de la scission au sein du parti Jobbik.

Les résultats indiquent néanmoins un clivage entre la capitale et le reste du pays.

A Budapest, l'opposition est arrivée en tête avec 47% des voix (contre 41% pour le Fidesz). En revanche, le parti de Viktor jouit d'une forte popularité dans le reste du pays, et notamment dans les zones rurales.

"Nous n'avons jamais été aussi forts que ce soir"

S'exprimant dans la soirée devant ses partisans réunis à Budapest, Viktor Orban n'a pas caché sa joie. "Je crois que nous n'avons jamais été aussi forts que ce soir, a-t-il dit. Nous avons gagné en 2010, en 2014, en 2018. Et cette année, l'opposition était unie contre nous. En fait, notre victoire veut dire que, malgré tous les efforts de l’opposition, c’est toujours avec le cœur que le peuple hongrois va voter."

"Nous avons remporté une victoire exceptionnelle - une victoire tellement grande qu'on peut sans doute la voir depuis la lune, et en tout cas certainement depuis Bruxelles", a-t-il ajouté, lui qui a souvent une relation conflictuelle avec l'Union européenne.

Il s'en est d'ailleurs pris aux "organismes internationaux" ligués, selon lui, contre la Hongrie. "Chaque centime qu’ils ont dépensé pour nous battre était de l’argent jeté par la fenêtre", a-t-il lancé. Avant d’ajouter : "nous devons nous battre contre toutes ces forces contre nous : Bruxelles, les médias, le président ukrainien."

Győztünk!

Győztünk!

Posted by Orbán Viktor on Sunday, April 3, 2022

VIKTOR ORBAN

A 58 ans, le Premier ministre sortant espérait bien décrocher un quatrième mandat consécutif en brandissant la peur de la guerre dans ce pays voisin de l'Ukraine. Accusé par Bruxelles de multiples atteintes à l'Etat de droit, il a muselé au fil de 12 années justice et médias, tout en prônant une vision ultra-conservatrice de la société.

PETER MARKI-ZAY

Le chef de file de l'opposition Peter Marki-Zay, "MZP", catholique et père de sept enfants, n'a pas réussi à tenir tête à Viktor Orban.

En glissant son bulletin dans l'urne aux côtés de sa famille, ce maire conservateur de 49 ans avait dénoncé plus tôt "des conditions injustes et impossibles" visant à permettre à son rival de "rester éternellement au pouvoir".

Et de citer des médias publics à la botte du gouvernement - lui-même a eu droit à seulement cinq minutes d'antenne à la télévision publique, en tout et pour tout.

Dans la coalition de l'opposition certains, comme le vice-président du Jobbik, Marto Gyongyosi, ont dénoncé des "irrégularités".

Taux de participation

A 19H00, le taux de participation se situait à près de 69%, soit un niveau plus élevé qu'en 2014, mais à peu près équivalent à celui de 2018.

L'impact de la guerre en Ukraine

Le conflit en Ukraine voisine a eu un impact dans la campagne. "La guerre a éclaté, et la guerre a tout changé", a résumé M. Orban vendredi au cours de son unique rassemblement de campagne.

"Paix contre guerre", l'équation est simple à ses yeux.

D'un côté, son gouvernement qui refuse de livrer des armes à l'Ukraine et de voter des sanctions qui priveraient les Hongrois des précieux pétrole et gaz russes. De l'autre, une opposition qui serait belliqueuse.

Si ce discours a fait mouche dans les campagnes, la proximité cultivée depuis 2010 avec "l'agresseur", Vladimir Poutine, pourrait se retourner contre lui, souligne Andras Pulai, de l'institut de sondages Publicus proche de l'opposition.

En votant pour l'opposition, Maria Rapcsak, 75 ans, veut justement "mettre fin à la politique corrompue pro-Poutine d'Orban", présenté sur les pancartes des meetings comme "un mini-Poutine".

Référendum sur les droits de la communauté LGBT

Outre l'élection de leurs députés, les Hongrois étaient appelés à répondre à quatre questions en lien avec la récente loi interdisant d'évoquer auprès des moins de 18 ans "le changement de sexe et l'homosexualité".

Un référendum "malsain" pour les ONG qui avaient demandé aux électeurs d'"invalider" leurs bulletins en cochant deux cases au lieu d'une.

Les résultats sont attendus plus tard dans la soirée.