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Argentine : des milliers de manifestants dans la rue contre la flambée des prix

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Par Klervi Dalibot  avec EFE / AFP
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La manifestation contre l'inflation record que connaît l'Argentine a réuni plusieurs milliers de personnes à Buenos Aires, le mercredi 17 août 2022.
La manifestation contre l'inflation record que connaît l'Argentine a réuni plusieurs milliers de personnes à Buenos Aires, le mercredi 17 août 2022.   -   Tous droits réservés  Natacha Pisarenko/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Avec 7,5% d'inflation au mois de juillet, le pouvoir d'achat argentin est étranglé par la montée des prix. A Buenos Aires, des milliers d'habitants de la capitale sont descendus dans la rue mercredi à l'appel des syndicats. Objectifs de cette marche : dénoncer l'inaction du gouvernement et réclamer une augmentation des salaires.

C'est la première fois en 3 ans de présidence d’Alberto Fernandez, que la Confédération générale du travail (CGT),  traditionnellement allié du gouvernement, organise une telle manifestation. Signe que même parmi les soutiens du pouvoir, la colère gronde face à l'inflation record qui frappe le pays.

"L'inflation a atteint des niveaux intolérables qui pulvérisent le pouvoir d'achat de tous les travailleurs", indique un communiqué de la CGT publié avant la marche. Si le premier syndicat du pays ne s'attaque pas  directement au gouvernement, il écrit que "la gravité de la situation appelle des solutions urgentes et profondes".

Des organisations de gauche radicale – plus critiques envers le gouvernement – se sont également réunies avec leurs soutiens Plaza de Mayo. Pour eux, si les entreprises et spéculateurs financiers sont derrière l'inflation, le gouvernement est "complice" de ces "faiseurs de prix".

La CGT a organisé aujourd'hui une marche contre l'inflation, mais en soutien au gouvernement.
Nous, syndicats et militants de gauche radicale, nous avons tenu à nous réunir sur la Plaza de Mayo. Il faut dénoncer le pouvoir politique dans notre pays, et les mesures du gouvernement. Il est temps d'augmenter les salaires et de libérer l'Argentine de l’accord conclu avec le FMI.
Juan Carlos Giordano
Dirigeant du Front de Gauche

Ces organisations de gauche, à forte capacité de mobilisation de rue mais sans réel poids politique, réclament notamment une hausse drastique du salaire minimum, de 45 540 pesos (325 dollars au change officiel) à 105 000 pesos (744 dollars), et des primes pour les plus vulnérables.

Ils souhaitent également voir annuler l'accord conclu avec le Fonds Monétaire International (FMI). Cet accord prévoit une discipline budgétaire accrue, tendant vers l'équilibre en 2025 (contre un déficit de 3% du PIB en 2021).

71% d'inflation en un an

L’Argentine a connu en juillet une inflation historique de 7,5% sur un mois.

En un an, les prix des principaux produits, notamment alimentaires, ont augmenté de 71%.

Cette nouvelle augmentation des prix fragilise l'économie d'un pays déjà en crise. Et l'inflation ne devrait pas s'arrêter : des analystes estiment que d'ici la fin de l'année, elle pourrait atteindre +90%.

Une situation alarmante alors que 40% de la population argentine vit sous le seuil de pauvreté.