Suède et Finlande dans l’OTAN : Washington table sur un feu vert de la Turquie "bientôt"

Access to the comments Discussion
Par euronews  avec AFP
Le secrétaire d'État Antony Blinken, le ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto et le ministre suédois des Affaires étrangères Tobias Billstrom - 8/12/2022
Le secrétaire d'État Antony Blinken, le ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto et le ministre suédois des Affaires étrangères Tobias Billstrom - 8/12/2022   -   Tous droits réservés  Cliff Owen/Copyright 2022 the AP. All Rights Reserved

La Finlande et la Suède se sont jointes aux Etats-Unis jeudi pour appeler la Turquie à donner son feu vert à leur accession à l'OTAN, estimant avoir satisfait les exigences de sécurité d'Ankara.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken et ses homologues suédois et finlandais se sont abstenus, au cours d'une conférence de presse commune à Washington après des entretiens trilatéraux, de critiquer la Turquie, qui bloque encore l'accession des deux pays nordiques à l'Alliance atlantique.

_"En ce qui concerne l'adhésion de nouveaux membres, en l'occurrence la Finlande et la Suède, le processus n'a jamais été aussi rapide. Les 30 alliés ont déjà signé le protocole d'adhésion, et 28 des 30 l'ont ratifié. Et nous travaillons pour obtenir les ratifications supplémentaires : celle de la Turquie et la Hongrie. Et sur la base des informations dont je dispose, je suis convaincu que nous pourrons bientôt appeler ces deux pays officiellement nos alliés",_a déclaré le secrétaire d'Etat américain.

"Les deux pays ont pris des mesures concrètes significatives pour remplir leurs engagements, y compris celles liées aux intérêts de sécurité de notre allié, la Turquie", a-t-il ajouté.

Pourquoi la Turquie bloque-t-elle l'adhésion des deux pays ?

La Turquie bloque l'élargissement de l'Alliance atlantique depuis mai en réclamant l'extradition de plusieurs ressortissants kurdes de Turquie qui se sont exilés ou réfugiés en Suède et, dans une moindre mesure, en Finlande.

La Suède a expulsé la semaine dernière l'un d'entre eux, Mahmut Tat, condamné en Turquie à six ans et dix mois de prison pour appartenance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation considérée comme terroriste par Ankara et l'Union européenne.

Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, a déclaré que les engagements pris par les deux pays envers la Turquie avaient été "totalement remplis".

Il a espéré que la Suède et la Finlande puissent adhérer à l'OTAN en février, la date avancée par l'autre pays bloquant encore le processus, la Hongrie, pour que le parlement hongrois ratifie cette adhésion.

"Bien sûr, ce qui nous manque encore, c'est une date claire et un programme clair du parlement turc pour régler cette question", a déclaré M. Haavisto. "Nous savons que la Turquie va avoir des élections. Nous espérons bien sûr que cette décision de la Turquie interviendra aussi vite que possible".

Des élections présidentielle et législatives sont prévues en juin prochain en Turquie. Le président Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003, espère bien se maintenir à la tête du pays et les experts s'attendent à ce qu'il se montre inflexible jusque là pour satisfaire son électorat conservateur.

A la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la Finlande et la Suède ont présenté en mai une candidature commune en vue d'intégrer l'Alliance atlantique, abandonnant des décennies de non-alignement militaire.

Celle-ci doit être acceptée à l'unanimité par les 30 Etats membres de l'OTAN.