France : les médecins libéraux dans la rue pour réclamer une revalorisation de la consultation

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Par Euronews
Les médecins dans la rue à Paris (05/01/2022)
Les médecins dans la rue à Paris (05/01/2022)   -   Tous droits réservés  EMMANUEL DUNAND/AFP or licensors

Les médecins généralistes ont manifesté ce jeudi à Paris, point d'orgue d'un mouvement de grève entamé après Noël pour réclamer un doublement du tarif de la consultation de 25 à 50 euros. Objectif : créer un choc d'attractivité pour un métier qui peine aujourd'hui à séduire les jeunes ce qui risque d’aggraver la problématique des déserts médicaux. Selon un récent rapport, 11 % de Français âgés de plus de 17 ans n'ont pas de médecin traitant attitré. Le gouvernement a critiqué ce mouvement de grève, alors que les services d'urgence sont débordés par une triple épidémie de grippe, Covid et de bronchiolite.

"On vous soigne, soignez-nous"

Les médecins libéraux sont descendus dans la rue par milliers jeudi après-midi à Paris pour obtenir une revalorisation de la consultation, le gouvernement s'y disant prêt si elle est "raisonnable" et si "les besoins de santé des Français sont remplis". Organisée par le jeune collectif "Médecins pour demain", soutenu par plusieurs syndicats, cette manifestation nationale a rallié le ministère de la Santé au départ du Panthéon.

A l'arrivée, les manifestants, venus de toute la France - 4 000 selon les organisateurs - se sont agenouillés et ont brandi leur stéthoscope en observant une minute de silence.

"On ne peut plus soigner les gens correctement avec les moyens actuels", expliquait dans le cortège Alexia Guidez, 30 ans, généraliste remplaçante près de Besançon.

Doublement du tarif de consultation

Cette mobilisation, rare chez les libéraux, tombe à pic à la veille des vœux aux acteurs de la santé que doit présenter le président Emmanuel Macron vendredi autour des grands axes de "refondation" d'un système de soins à bout de souffle, à l'hôpital comme en ville.

Après une première grève début décembre, le collectif a appelé à la fermeture des cabinets médicaux après Noël et jusqu'au 8 janvier. Le mouvement, qui ne sera pas reconduit la semaine prochaine, a été vertement critiqué par la Première ministre Elisabeth Borne, car il a accru "les tensions sur l'hôpital" en période d'épidémies hivernales.

La revendication centrale du collectif demeure le doublement du tarif de base de consultation (de 25 à 50 euros) pour créer un "choc d'attractivité" vers une médecine de ville en manque de bras, écrasée par les tâches administratives et qui ne séduit plus les jeunes.