L'Unrwa et Israël durcissent leurs accusations mutuelles

Le commissaire général de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Philippe Lazzarini.
Le commissaire général de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Philippe Lazzarini. Tous droits réservés Bilal Hussein/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
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Par Euronews avec AP
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Le patron de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, a évoqué des "centaines de prisonniers libérés" par Israël au point de passage de Kerem Shalom ayant subi de mauvais traitements. De son côté, l'armée israélienne accuse l'Unrwa d'employer 450 "terroristes".

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Confirmant des informations du New York Times, l’Unrwa, seule agence présente à Kerem Shalom, a recueilli des témoignages de prisonniers libérés par Israël qui témoignent de mauvais traitements. "Nous avons vu ces gens revenir de détention, certains après quelques semaines, certains après quelques mois. Et la plupart d’entre eux complètement traumatisés par le calvaire qu’ils avaient vécu", a expliqué Philippe Lazzarini.

L’agence a accusé lundi les autorités israéliennes d’avoir commis des actes de « torture » contre certains de ses employés arrêtés dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023. "Nos employés nous ont rapporté des choses atroces lors de leur détention et de leurs interrogatoires par les autorités israéliennes" comme "d_es tortures, des mauvais traitements, des abus et de l’exploitation sexuelle_", avance l'agence dans un communiqué.

Dans un communiqué, l'UNRWA a accusé Israël d'avoir détenu plusieurs de ses employés et de les avoir forcés, par la torture et les mauvais traitements, à faire de faux aveux sur les liens entre l'agence, le Hamas et l'attaque du 7 octobre contre Israël.

"Ces aveux forcés, obtenus sous la torture, sont utilisés par les autorités israéliennes pour diffuser des informations erronées sur l'agence dans le cadre des tentatives de démantèlement de l'Unrwa", indique le communiqué. "Cela met en danger notre personnel à Gaza et a de sérieuses implications sur nos opérations à Gaza et dans la région."

L'Unrwa pointe une campagne "délibérée" pour "saper ses opérations" et "y mettre un terme"

Le chef de l'agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (Unrwa), Philippe Lazzarini, a déclaré lundi que son agence "est confronté à une campagne délibérée et concertée visant à saper ses opérations et, en fin de compte, à y mettre un terme".

Philippe Lazzarini a déclaré que l'Unrwa serait bientôt dans l'incapacité de remplir son mandat en raison des réductions de financement résultant des allégations d'Israël selon lesquelles les employés de l'agence auraient été complices des attaques du Hamas en octobre.

"Les opérations de l'agence sont mandatées par cette Assemblée et une partie de cette campagne consiste à inonder les donateurs de fausses informations destinées à susciter la méfiance et à ternir la réputation de l'agence. Plus flagrant encore, le Premier ministre israélien déclare ouvertement que l'Unrwa ne fera pas partie de la bande de Gaza d'après-guerre", a déclaré Philippe Lazzarini.

Philippe Lazzarini a ajouté que la mise en œuvre de ce plan était "déjà en cours avec la destruction de nos infrastructures dans toute la bande de Gaza".

Philippe Lazzarini a souligné que "seul l'Unrwa a l'empreinte et la capacité de fournir des services, y compris l'éducation et les soins de santé primaires à grande échelle, en l'absence d'une autorité étatique à part entière".

"L'éducation d'un demi-million d'enfants profondément traumatisés vivant au milieu des décombres est manifestement absente des discussions sur le transfert de la fourniture de services à Gaza", a-t-il déclaré.

L'Unrwa, qui emploie environ 13 000 personnes à Gaza, est le principal fournisseur d'aide dans l'enclave.

Israël accuse l'Unrwa d'employer plus de 450 "terroristes"

Le même jour, des allégations formulées côté israélien ont encore alimenté l'escalade et le bras de fer avec l'agence. 

"Plus de 450 employés de l'UNRWA sont des agents militaires de groupes terroristes à Gaza. Il ne s'agit pas d'une simple coïncidence. C'est systématique. Il n'est pas possible de prétendre 'nous ne savions pas'", a déclaré le contre-amiral Daniel Hagari, principal porte-parole militaire d'Israël. Aucune preuve, aucun nom, n'ont été fournis à l'appui de son accusation.

Les principaux bailleurs de fonds internationaux ont retenu des centaines de millions de dollars de l'agence, connue sous le nom d'UNRWA, depuis qu'Israël a accusé 12 de ses employés d'avoir participé aux attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre, qui ont tué 1 200 personnes et en ont laissé environ 250 autres prises en otage à Gaza, selon les autorités israéliennes.

Après les accusations initiales d'Israël contre l'Unrwa, l'agence a licencié les employés accusés et plus d'une douzaine de pays ont suspendu leur financement pour un montant d'environ 450 millions de dollars, soit près de la moitié de son budget pour l'année. 

Juliette Touma, directrice de la communication de l'Unrwa, n'a pas commenté directement les nouvelles allégations israéliennes. "L'Unrwa encourage toute entité ayant des informations sur les allégations très sérieuses contre le personnel de l'Unrwa à les partager avec l'enquête de l'ONU en cours", a-t-elle déclaré.

Deux enquêtes de l'ONU sur les allégations d'Israël étaient déjà en cours lorsque l'UE a déclaré vendredi qu'elle verserait 50 millions d'euros à l'Unrwa après que l'agence a accepté que des experts nommés par l'UE vérifient la façon dont elle sélectionne son personnel pour identifier les extrémistes.

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