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L'utilisation par Israël d'armes américaines a "probablement violé le droit international"

Palestiniens déplacés l'ouest de Rafah, bande de Gaza, le vendredi 10 mai 2024.
Palestiniens déplacés l'ouest de Rafah, bande de Gaza, le vendredi 10 mai 2024. Tous droits réservés Abdel Kareem Hana/Copyright 2024 The AP. All rights reserved.
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Par Euronews avec AP
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Les conditions de guerre empêchent toutefois les responsables américains de le déterminer avec certitude.

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L'administration Biden a déclaré vendredi que l'utilisation par Israël d'armes fournies par les États-Unis à Gaza avait probablement violé le droit international humanitaire, mais que les conditions de guerre empêchaient les responsables américains de le déterminer avec certitude.

L'annonce de l'existence de preuves "raisonnables" permettant de conclure que l'allié américain a violé le droit international protégeant les civils, dans la manière dont il a mené sa guerre contre le Hamas, est la la plus ferme que l'administration Biden ait faite à ce jour sur ce sujet. Elle a été publiée dans le résumé d'un rapport qui sera remis au Congrès vendredi.

Toutefois, le fait que l'administration n'ait pas été en mesure d'établir un lien entre des armes américaines et des attaques spécifiques menées par les forces israéliennes à Gaza pourrait lui donner une certaine marge de manœuvre dans toute décision future visant à restreindre les livraisons d'armes offensives à Israël.

Cette évaluation, la première du genre, a été demandée par les élus démocrates au Congrès. Elle intervient après sept mois de frappes aériennes, de combats au sol et de restrictions de l'aide qui ont coûté la vie à près de 35 000 Palestiniens, pour la plupart des femmes et des enfants, selon les autorités locales.

Bien que les responsables américains n'aient pas été en mesure de recueillir toutes les informations nécessaires sur les frappes spécifiques, le rapport indique qu'étant donné la "dépendance significative" d'Israël à l'égard des armes fabriquées aux États-Unis, il est "raisonnable d'estimer" qu'elles ont été utilisées par les forces de sécurité israéliennes dans des circonstances "incompatibles" avec ses obligations en vertu du droit international humanitaire "ou avec les meilleures pratiques visant à atténuer les dommages causés aux civils".

L'armée israélienne dispose de l'expérience, de la technologie et du savoir-faire nécessaires pour minimiser les dommages causés aux civils, mais "les résultats sur le terrain, notamment le nombre élevé de victimes civiles, soulèvent des questions importantes quant à l'efficacité de leur utilisation par l'armée israélienne dans tous les cas", indique le rapport.

Des groupes internationaux de défense des droits de l'homme et un groupe officieux d'anciens fonctionnaires et militaires, d'experts universitaires et d'autres personnes ont signalé plus d'une douzaine de frappes aériennes israéliennes pour lesquelles ils ont estimé qu'il existait des preuves crédibles de violations des lois de la guerre et du droit humanitaire. Les cibles visées étaient des convois d'aide, des travailleurs médicaux, des hôpitaux, des journalistes, des écoles, des centres de réfugiés et d'autres sites bénéficiant d'une large protection en vertu du droit international.

Ils ont fait valoir que le nombre de civils tués lors de nombreuses frappes à Gaza - comme celle du 31 octobre sur un immeuble d'habitation qui aurait tué 106 civils - était disproportionné par rapport à la valeur de toute cible militaire.

Israël affirme qu'il respecte l'ensemble du droit américain et international, qu'il enquête sur les allégations d'abus commis par ses forces de sécurité et que sa campagne à Gaza est proportionnelle à la menace existentielle que représente, selon lui, le Hamas.

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