Le Premier ministre français s'est exprimé vendredi soir sur le budget de l'État pour 2026, après avoir acté, la veille, l’impossibilité d’un vote à l’Assemblée nationale.
Après l'arrêt des discussions sur le budget, la prise de parole était attendue. Vendredi soir, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement ne renoncerait pas au compromis.
Il n'a toutefois pas annoncé par quelle voie il comptait faire adopter ce budget - 49.3 ou ordonnance - après avoir acté, jeudi, l’impossibilité d’un vote à l’Assemblée nationale.
Sébastien Lecornu a annoncé plusieurs mesures susceptibles de séduire le Parti socialiste (PS), pour éviter toute censure.
La première est celle d'une une hausse de la prime d’activité pour plus de trois millions de ménages à revenus modestes :"ll faut que le travail paie plus. Plus de trois millions de ménages qui gagnent le smic ou un peu plus que le smic seront désormais garantis de gagner plus à la fin du mois. Ils verront leur prime d’activité augmenter en moyenne de 50 euros par mois.
Le Premier ministre a aussi promis une réforme des allocations de solidarité mais pas de réforme de l’abattement de l’impôt sur le revenu pour les retraités.
Il a également assuré qu'il n'y aurait "aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages" dans le futur budget. Affirmant que la niche fiscale des retraités serait maintenue et que le barème de l’impôt sur le revenu serait réindexé pour suivre l’inflation.
Jeunesse, logement, agriculteurs
Sébastien Lecornu a aussi évoqué des mesures pour la jeunesse : bourses étudiantes maintenues, repas à 1 euro au restaurant universitaire, moyens renforcés pour les universités et les organismes de recherche, création de 2 000 postes notamment pour accueillir les enfants en situation de handicap.
Des "mesures d’urgence et des mesures structurelles" ont par ailleurs été promises concernant le logement. "La construction de logements dans notre pays est insuffisante, ce qui n’est pas sans impact économique sur certaines filières, comme la construction", estime-t-il.
Sur le sujet brûlant des agriculteurs, le Premier ministre a confirmé que "les engagements pris par le gouvernement et la ministre ces derniers jours seront tenus."
Le RN et LFI critiqués
Lors de ce discours, Sébastien Lecornu s'en est pris au Rassemblement national d'extrême droite et à La France insoumise de gauche radicale : "Certains ont choisi le blocage en commission des finances comme en séance. La France insoumise et le Rassemblement national, chacun à leur manière, ont bloqué le travail et ont méthodiquement rendu le texte incohérent", a-t-il accusé.
Le Premier ministre dit sa "tristesse" face à l’échec de sa méthode sur le budget de l’État, mais "n’y renonce pas".