Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

Venezuela: 20 ans après, Caracas adopte une loi ouvrant le secteur pétrolier aux entreprises privées

Delcy Rodriguez, présidente par intérim du Venezuela.
Delcy Rodriguez, présidente par intérim du Venezuela. Tous droits réservés  AP
Tous droits réservés AP
Par Nathan Joubioux avec AP
Publié le Mis à jour
Partager Discussion
Partager Close Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article : Copy to clipboard Lien copié

Moins d'un mois après l'enlèvement de Nicolás Maduro et sous pression de Washington, Caracas a adopté, ce jeudi, une réforme permettant au secteur privé d'exploiter, de nouveau, les importantes réserves de pétrole du pays.

C'est une première depuis 20 ans. Ce jeudi 29 janvier, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a signé une loi qui ouvre de nouveau l'industrie pétrolière du pays aux investisseurs étrangers, quelques heures seulement après son adoption à l'Assemblée nationale.

Cette réforme, votée sous pression états-unienne, permet de donner aux sociétés privées le contrôle de la production, de la vente du pétrole et des prix, mettant ainsi fin au monopole de l'entreprise d'État Petróleos de Venezuela SA (PDVSA).

Cela permet au pays de réaliser un "véritable bond historique", s’est réjouit Delcy Rordriguez. "Nous parlons de l’avenir. Nous parlons du pays que nous allons léguer à nos enfants", a-t-elle assuré.

Cette réforme sera, sans doute, la politique phare de son gouvernement, car elle vise, via le secteur pétrolier, véritable moteur du pays, à attirer les investissements étrangers nécessaires à la remise en état d'une industrie qui s'est depuis plusieurs années dégradée.

Son frère, président de l'Assemblée nationale, a, lui, estimé que "l'objectif principal de cette loi est d'arrêter de dire que nous avons les réserves les plus importantes du monde, mais dire que nous sommes parmi les principaux producteurs de pétrole de la planète".

Des ouvriers du pétrole vêtus de combinaisons rouges et de casques de chantier ont célébré l’adoption du projet de loi, brandissant le drapeau vénézuélien à l’intérieur du palais législatif avant de rejoindre les parlementaires lors d’une manifestation avec les partisans du parti au pouvoir.

La nationalisation, héritage du socialisme

Avec cette législation, Delcy Rodriguez renverse un principe du mouvement socialiste autoproclamé qui dirige le pays depuis plus de deux décennies. En 2006, Hugo Chavez avait imposé une participation majoritaire du secteur public dans toutes les entreprises, entrainant la nationalisation d’importants actifs appartenant à des firmes étrangères, la plupart états-unienne, qui refusaient de se conformer.

La loi indique désormais qu'une société privée "assumera la pleine gestion des activités à ses propres frais, comptes et risques, après avoir démontré sa capacité financière et technique à travers un plan d’affaires approuvé par" le ministère vénézuélien du pétrole, selon la loi.

Cependant, la réforme précise que la propriété des réservoirs d’hydrocarbures exploités par l’entreprise demeure détenue par l’État.

La nouvelle loi autorise également l’arbitrage indépendant des différends, supprimant l’obligation de régler les désaccords uniquement devant les tribunaux vénézuéliens, contrôlés par le parti au pouvoir. Une mesure jugée essentielle par les investisseurs étrangers, qui considèrent que l'intervention d'arbitres indépendants permettra de se prémunir davantage contre d'éventuelles expropriations futures.

Le gouvernement de Delcy Rodríguez s’attend à ce que ces changements rassurent les grandes compagnies pétrolières états-uniennes, qui hésitaient jusque-là à revenir dans le pays. Il y a deux décennies, certaines firmes ont perdu d'importants investissements lorsque la nationalisation a été décidée.

En outre, la loi révisée modifie les taxes d’extraction : elle fixe un plafond de redevance de 30 % et permet à l’exécutif de déterminer les pourcentages applicables à chaque projet en fonction des besoins d’investissements en capital, de la compétitivité et d’autres facteurs.

Levée des sanctions états-uniennes

Delcy Rodríguez a également échangé, ce jeudi, avec le président Donald Trump et le secrétaire d’État Marco Rubio, qui, la veille, avaient expliqué aux sénateurs comment l’administration prévoyait de gérer la vente de dizaines de millions de barils de pétrole provenant du Venezuela et de surveiller la destination des fonds.

Dans le même temps, le département du Trésor américain a commencé à lever les sanctions instaurées en 2019 qui avaient paralysé l'industrie pétrolière vénézuélienne. Donald Trump a également annoncé la réouverture de l'espace aérien du pays.

La signature et de cette loi et la suspension progressive des sanctions interviennent près d'un mois seulement après l'enlèvement de Nicolás Maduro par les États-Unis.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

Washington contrôle les ventes du pétrole vénézuélien : plus de cash, pas de réformes

Venezuela : le gouvernement affirme avoir libéré 400 prisonniers politiques, l'opposition dément

Pourquoi l'essor du brut vénézuélien, « très dense et visqueux », pourrait nuire à l'environnement