José Antonio Urrutikoetxea, qui avait été condamné par contumace, a demandé à être rejugé en sa présence. Au terme de ce procès, il pourrait être remis à l'Espagne, qui souhaite le juger pour plusieurs affaires.
José Antonio Urrutikoetxea, figure historique de l'ETA (Euskadi Ta Askatasuna pour "Pays basque et liberté"), organisation séparatiste aujourd'hui dissoute, fait de nouveau face à la justice, ce jeudi 9 et vendredi 10 avril. L'homme de 75 ans, surnommé "Josu Ternera", comparaît devant la cour d'appel de Paris pour association de malfaiteurs terroristes.
Les faits remontent à une période allant de 2002 à 2005. Des empreintes digitales et génétiques sont retrouvées dans un véhicule et des caches de l'ETA, à Lourdes (Hautes-Pyrénées) ainsi qu'à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne).
Le "grand-père" de l'ETA à déjà été condamné, en 2010, à cinq ans de prison en première instance et sept ans en appel pour ces mêmes faits. Mais le procès s'étant tenu en son absence, il a pu demander à être rejugé.
Ce nouveau procès devait initialement se tenir en 2021, mais avait été repoussé une première fois en raison d'irrégularités puis une seconde fois à l'automne dernier pour des raisons de santé.
Dans une autre affaire, il avait été relaxé, en 2021, de faits de "participation à une association de malfaiteurs terroriste", le tribunal de Paris estimant qu'il n'y avait pas "d'élément" permettant de prouver son rôle actif dans l'organisation paramilitaire basque entre 2011 et 2013.
Bientôt remis à l'Espagne ?
Au-delà de la question de sa culpabilité en France, le procès revêt une importance particulière pour l'Espagne. Madrid souhaite en effet juger José Antonio Urrutikoetxea dans le cadre de l'affaire Herriko Tabernas, qui concerne le financement de l'ETA via les locaux associatifs du parti indépendantiste Batasuna. En 2020, la Cour de cassation française avait accepté sa remise à l'Espagne une fois les procédures judiciaires françaises terminées.
Outre-Pyrénées, il est également recherché pour deux autres affaires : l'attentat à la voiture piégée contre la caserne de la Garde civile de Saragosse en 1987, qui avait fait onze morts, dont cinq mineurs, et l'attentat contre l'aéroport de Barajas en 2006, qui avait mis fin à la trêve de l'ETA sous le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero.
La lutte armée de l'ETA a été abandonnée en 2011, mais le groupe n'a été officiellement dissous que sept ans plus tard, le 3 mai 2018. José Antonio Urrutikoetxea, qui affirme avoir coupé tous ses liens avec l'ETA dès 2006, avait été arrêté en 2019 dans les Alpes françaises, au terme de près de dix-sept ans de cavale.
Créée en 1959 sous la dictature espagnole de Franco, l'ETA est accusée d'avoir tué au moins 853 personnes durant quatre décennies de violence au nom de l'indépendance du Pays basque.