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Elections européennes 2024 : comment l'UE a-t-elle fait face aux crises ?

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Elections européennes 2024 : comment l'UE a-t-elle fait face aux crises ?
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Par Paul HackettEuronews
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Entre le COVID-19, la guerre en Ukraine, le choc énergétique et l’inflation, l'économie européenne a été secouée par une série de crises au cours des cinq dernières années.

Alors que les Européens s'apprêtent à se rendre aux urnes, comment l'Union peut-elle doper sa croissance et sa productivité ? Le Green Deal est-il toujours sur les rails ? Et les relations commerciales avec des pays comme la Chine ont-elles besoin d'être remises à plat ? 

"Ce qui n’était au départ qu’un virus invisible à l’œil nu est devenu une crise économique majeure à côté de laquelle on ne peut passer", avait résumé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

Lors de la conférence sur le COVID-19, l'UE a généré pour la première fois une dette commune. Cette décision historique s'est matérialisée par la création du fonds "NextGenerationEU". Que pensent les députés européens de cet instrument financier ? Est-ce une mesure probante à long terme, ou comptent-ils à l’inverse revenir au tabou économique ?

"On n'aurait jamais pensé que, dans cette lutte entre les frugaux et les pays méditerranéens, on puisse s'entendre pour la première fois et c'est historique, sur un endettement en commun", souligne Stéphanie Yon-Courtin, députée européenne Renew Europe. "Je vois NextGenEU comme un prototype", estime Philippe Lamberts, député européen et co-président du groupe des Verts. "Et il est fondamental que le prototype marche correctement pour que nous puissions le rendre permanent"

Et pour certains députés, il faudra aller encore plus loin. "Après NextGenerationEU, il faudra créer un nouveau mécanisme d'investissement pour investir dans la transition écologique", note Margarida Marques, députée européenne appartenant au groupe des Socialistes et Démocrates, "mais aussi dans la transition numérique, dans le pilier européen des droits sociaux, et dans la défense". Une optique qui reste cependant loin d'être partagée par tous dans l'hémicycle.

"Actuellement, si vous avez des pays très endettés, mais qui peuvent puiser dans cette nouvelle boîte de Pandore qu’est la dette commune européenne, cela rebat les cartes en termes de finances", déplore Michiel Hoogeveen, député européen issu du groupe des Conservateurs et Réformistes, "donc nous pensons que c'est une erreur et que nous ne devrions pas nous engager dans cette voie".

Quelle est la position de la Commission européenne sur le sujet ? Et compte-t-elle à nouveau utiliser de tels instruments économiques ?

"Comment pouvons-nous prendre part à la course internationale aux technologies propres, aux défis de la compétitivité, sans un seul euro de financement commun ?", interroge Paolo Gentiloni, commissaire européen à l'économie. "Honnêtement, je pense que c'est impossible".

Les règles budgétaires, qui ont fait l’objet d’une réforme récente, visent à réduire la dette accumulée au cours de la pandémie.

Si les anciens seuils de déficit et de dette, respectivement de 3 % et 60 % du PIB, ont été rétablis, les États membres disposent aujourd’hui d'une plus grande marge de manœuvre en ce qui concerne la manière de réduire la dette.

Mais y aura-t-il assez d'argent pour investir dans des projets comme la transition écologique, alors que le financement postpandémique prend fin en 2026 ?

"En ce qui concerne la dette, nous avons beaucoup de mal à y faire face", admet Manfred Weber, député européen et président du PPE. "Personne ne sait aujourd'hui comment payer les taux d'intérêt. C'est pourquoi la dette limite les possibilités d'investissement pour la prochaine génération. Nous avons besoin de croissance économique, c'est la pierre angulaire de l'Europe, nous sommes économiquement forts et nous devons redémarrer ce moteur".

"Dans l'ensemble, nous ne pouvons pas dire que le problème de l'UE et de la zone euro est d’avoir une dette trop élevée", estime Paolo Gentiloni, commissaire européen à l'économie. "C'est le problème de chaque Etat membre, nous devons le résoudre, nous avons des règles communes, mais en même temps, on doit être compétitifs au niveau mondial".

"Si vous voulez que les investissements nécessaires à la transition écologique, au numérique, à la défense et à tout le reste soient réalisés, nous aurons besoin d'emprunter", tranche Philippe Lamberts, député européen, co-président du groupe les Verts, "parce que tout cela ne pourra pas être financé par des coupes budgétaires ou par de nouvelles taxes, et en effet, une partie devrait être financée par un emprunt national et une autre devrait provenir d’un emprunt conjoint de l'Union européenne."

"Je pense que l’idée de soutenir l'investissement public au niveau de l'Union reste plausible, parce que si ce n'est pas le cas, nous devrons probablement abandonner le Green Deal", analyse Jeromin Zettelmeyer, directeur du groupe de réflexion économique Bruegel.

Autre sujet brûlant : le commerce avec la Chine. Bruxelles accuse Pékin de subventionner des secteurs clés, tout en limitant l'accès à ses propres marchés. Pour l'instant, la politique de la Commission européenne a consisté à limiter la dépendance à l'égard de la Chine, mais faudra-t-il aller plus loin ?

"Ça doit être du gagnant-gagnant", assure Stéphanie Yon-Courtin, "et par-dessus tout, l'Union Européenne doit cesser d’être naïve. La relation doit être celle de partenaires commerciaux et on peut continuer à travailler avec des partenaires à partir du moment où ils acceptent nos règles"

D'autres privilégient plutôt une approche pragmatique, à l'instar de Michiel Hoogeveen. "On devrait accepter qu'un pays soit plus compétitif pour fabriquer des véhicules électriques, des panneaux solaires ou des éoliennes", soutient-il. "Si les Chinois sont prêts à payer pour notre transition énergétique, nous pourrons alors concentrer nos ressources sur d'autres domaines".

"Pour pouvoir rivaliser avec d'autres zones économiques, nous devons être un bloc, un bloc économique", indique Margarida Marques, "et pour cela, nous devons nous assurer que le marché intérieur peut fonctionner dans cette direction." "Il faut cesser d'être naïf", juge Philippe Lamberts. "La Chine est protectionniste, les Etats-Unis sont protectionnistes, et nous devrions l'accepter, sans restreindre l'accès à notre marché ? Parce qu'ils restreignent l'accès au leur, et ils continueront de le faire."

"Nous devons maintenir les liens économiques", constate Manfred Weber "donc personne ne veut les arrêter, mais nous devons rééquilibrer ces liens, et dans cette bataille stratégique face aux Chinois, nous devons être prêts à défendre nos marchés".

Compte tenu des défis majeurs que l'Europe a relevés ces derniers temps, comment apprécier la situation économique actuelle ?

"L'inflation diminue", observe Jeromin Zettelmeyer, directeur de Bruegel. "La BCE s'attend à ce que l'objectif soit atteint plus rapidement que prévu, et assouplir sa politique monétaire au cours du prochain trimestre. On sent que la tendance va s’inverser pendant l'été, et le principal moteur de changement sera la hausse des revenus réels, avec la baisse de l'inflation et le rattrapage des salaires."

"La réaction face à la pandémie a été inédite", conclut Paolo Gentiloni, "avec le mécanisme NextGenerationEU, tout comme l’a été la réaction face à la guerre, avec une unité sur les sanctions, sur la posture politique, sur le découplage du gaz russe. Mais si 2024 marque une reprise de l'activité, je pense que nous en déduirons que nous avons été capables de faire face à ces deux cygnes noirs de la bonne manière."

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