Une bonne "année de transition" pour les cinémas français et à chaque salle sa stratégie

En 2022, les cinémas français ont enregistré 152 millions d'entrées, trois quarts du niveau d'avant - mai 2021 Covid -
En 2022, les cinémas français ont enregistré 152 millions d'entrées, trois quarts du niveau d'avant - mai 2021 Covid -   -   Tous droits réservés  Francois Mori/AP
Par Euronews  avec AFP

Les salles obscures françaises semblent enfin reprennent des couleurs. En 2022, les cinémas ont récupéré un peu plus des trois quarts de leur fréquentation d’avant Covid, selon des chiffres dévoilés ce lundi par le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC).

Toutefois le redémarrage reste fragile et en partie lié à la sortie du deuxième volet de la saga Avatar. Alors les acteurs du secteur doivent redoubler d'imagination pour attirer des spectateurs.

Dans l'un des cinémas du groupe CGR cinema, Porte des Lilas à Paris, on a opté pour des salles dites premium, immersive et luxueuse. Ici tout est fait pour proposer une expérience idéale au public.

David Baudry, le directeur de la programmation chez CGR cinema explique "les panneaux latéraux sont là pour fonctionner sur la vision périphérique. A savoir, quand vous conduisez par exemple, vous ne regardez pas toujours à droite et à gauche mais vous sentez ce qu'il pourrait arriver. Ici, ça fonctionne de la même façon". 

Dans une autre salle francilienne, Le Méliès à Montreuil, on parie sur l'éclectisme. De l'ancien, du neuf, du cinéma d'art et d'essai, des blockbusters américains, il y a en a pour tous les goûts et à moindre coût. Ici comptez 6 euros au tarif plein, 4 au tarif réduit. Et la formule semble convaincante.

"Vraiment le projet de ce cinéma qui est apparu ici il y a sept ans, ça a été de dire si on rassemble toute la population et tous les meilleurs films de l'année dans un lieu, est ce qu'on arrive à le faire fonctionner ? Et en l'occurrence, la très bonne surprise de l'année 2022, c'est qu'on vient de réaliser la troisième meilleure année de notre histoire", explique Stéphane Goudet, directeur artistique du cinéma. 

"Un résultat très encourageant"

L'année qui vient de s'écouler a été la première sans fermeture de salles pour cause sanitaire, contrairement à 2020 et 2021. Mais, précise le Centre national du cinéma et de l'image animée, 2022 reste "une année de transition toujours marquée par la pandémie", rappelant que les restrictions sanitaires à l'instar du pass vaccinal et l'interdiction de la vente de confiseries n'ont été levées qu'à la mi-mars.

Le résultat représente un fort rebond par rapport aux 95,5 millions d'entrées de 2021 (+59,2%), mais reste "en retrait de -26,9% par rapport à la période pré-Covid et à la moyenne historiquement élevée des exercices 2017 à 2019" (207,9 millions).

Le CNC a également souligné que l'offre de films porteurs en 2022 n'était pas encore équivalente à celle des années pré-Covid.

"C'est un résultat très encourageant dans un contexte encore atypique. La France enregistre une des meilleures reprises au monde, avec une baisse plus limitée comparée, par exemple, aux Etats-Unis, à la Corée du Sud, à l'Allemagne, à l'Espagne ou l'Italie", a déclaré dans un communiqué Dominique Boutonnat, président du CNC, qui s'est dit confiant pour 2023.

En 2022, le top 5 des films reste l'apanage des blockbusters américains (Avatar, Top Gun, les Minions...), mais la part de marché des films français "s'est maintenue aux niveaux élevés qu'elle a atteint depuis 2020", notamment en raison de la pandémie et de la "raréfaction relative de l'offre de films américains", note le CNC.

Cette part s'est élevée à 40,9% contre 37,2% en moyenne sur 2017 à 2019. Quant à la part des films américains, elle s'est établie à 40,5%.

"Avatar: la voie de l'eau" de James Cameron a été le plus gros succès de l'année en France, avec 7,6 millions d'entrées depuis sa sortie le 14 décembre, selon le CNC.

En 2022, "l'ensemble du public est retourné en salles, mais en étant plus sélectif", avait indiqué vendredi à l'AFP Eric Marti, spécialiste chez Comscore, société d'analyse d'audience. Les films américains ont été un "moteur" quand, côté français, seuls les films "avec une certaine originalité" ont résisté, au détriment des grosses comédies par exemple.