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Les restaurants français devront bientôt signaler les plats qui ne sont pas faits maison

Les restaurants français devront bientôt mentionner quand les plats ne sont pas faits maison
Les restaurants français devront bientôt mentionner quand les plats ne sont pas faits maison Tous droits réservés Pavel Golovkin/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Pavel Golovkin/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Par Julie Van OsselAFP
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

La France est connue partout dans le monde pour son savoir-faire culinaire. Pour préserver cette renommée, le gouvernement souhaite une plus grande transparence sur les menus des restaurants. D'ici 2025, tout plat non fait maison devra être signalé.

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Vous êtes-vous déjà demandé si cette blanquette que vous êtes en train de déguster dans ce charmant petit bistro avait vraiment été cuisinée sur place ? 

Cela peut paraître surprenant dans un pays dont la gastronomie est inscrite au patrimoine mondial de l'humanité mais il n'est pas rare de tomber sur des plats préparés achetés à des grossistes puis réchauffés dans bon nombre d'établissements français.  

C'est pourquoi le gouvernement souhaite que tout plat non "fait maison" soit signalé par "une mention claire et obligatoire" sur les cartes des restaurants français. C'est ce qu'a annoncé la ministre déléguée aux PME et au Commerce Olivia Grégoire.

Les consommateurs doivent savoir ce qu'ils ont dans leurs assiettes, d'où ça vient et comment cela est préparé
Olivia Grégoire, ministre déléguée aux PME et au commerce
A clear statement must indicate whether the dish is home made or not said French minister of trade Olivia Grégoire

Selon le chef deux étoiles Thierry Marx, près de la moitié des 175 000 restaurants français ne serviraient pas de plats maison.

"C’est une demande de la profession parce qu’il y a une vraie concurrence aujourd’hui. On ne sait pas toujours ce que l'on mange et il y a aussi beaucoup de produits ultra-transformés. Cela permettra à ceux qui font les choses bien d'être récompensés face à ceux qui trichent", a réagi le chef Thierry Marx, aussi président de l’UMIH, principal syndicat patronal de l’hôtellerie-restauration.

Mais si cette mention "fait maison" vous semble familière, c'est parce qu'elle existe déjà.

Il y a près de dix ans, en 2014, la France avait créé un premier logo "fait maison", qui permettait d'identifier les plats élaborés sur place à partir de produits crus. Mais ce label facultatif n'a jamais convaincu, ni les consommateurs, ni les restaurateurs pour qui il n'était pas assez strict.

"C'était un fourre-tout, qui pouvait inclure des produits surgelés ou des tartares déjà préparés ", estime le chef Xavier Denamur, restaurateur engagé, propriétaire de cinq restaurants à Paris.

La moitié seulement des restaurants serviraient des plats maison selon le chef Thierry Marx
La moitié seulement des restaurants serviraient des plats maison selon le chef Thierry MarxMichel Euler/AP

Depuis ce flop, d'autres labels ont vu le jour en France, que vous avez d'ailleurs peut-être déjà vus sur la devanture de certains restaurants.

Le label "Restaurant de qualité", lancé par le Collège Culinaire de France pour distinguer les "professionnels pratiquant une restauration de qualité et faite maison", récompense aujourd'hui 3000 artisans. 

Un autre label bien connu, "Maître restaurateur", garantit l'utilisation d'au moins 80 % de produits frais.

Alain Fontaine, directeur de l'Association française des maîtres restaurateurs, a d'ailleurs accueilli avec enthousiasme l'annonce du gouvernement.

Rendre obligatoire la mention "fait maison" est une excellente initiative, qui va "créer des emplois" et "rassurer les clients", surtout avant les Jeux Olympiques de 2024.

Verra-t-on la mention fait-maison avant les JO ?

Mais la mesure sera-t-elle prête à temps pour le grand événement ?

Le chef 2 étoiles Thierry Marx l'espère : "ce serait l'occasion de mettre en lumière la gastronomie française".

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La ministre déléguée aux PME et au commerce Olivia Grégoire, a déclaré qu'elle souhaitait que cette nouvelle règle soit mise en place d'ici 2025. Mais plusieurs semaines de consultations avec les industriels et les restaurateurs doivent maintenant s'ouvrir pour définir notamment les modalités d'affichage.

"Il pourrait s'agir par exemple d'un astérisque qui renvoie au plat en bas de la carte. Ce serait moins pénalisant et plus facile à mettre en œuvre pour les restaurateurs", suggère le chef Alain Fontaine.

Le gouvernement français envisage également de demander à la Direction Générale de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) de renforcer les contrôles en cas d'utilisation trompeuse de l'étiquetage ou de non-respect de la réglementation.

Quelques conseils pour éviter les plats industriels au restaurant

En attendant que la mesure soit mise en application, pour éviter les blanquettes tout prêtes réchauffées au micro-ondes, aussi charmant le bistro soit-il, voici quelques conseils : 

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- S'il y a trop de choix sur la carte (plus d'une quinzaine plats principaux par exemple), méfiez-vous.

- Vérifiez si les plats ne sont pas "trop basiques", comme le confit de canard, le gratin dauphinois, la hachis parmentier ou même la mousse au chocolat. Ces plats sont susceptibles d'être préparés par des grossistes. (D'ailleurs les restaurants qui les font maison, le précisent souvent déjà sur leur carte)

- Si le menu ne tient pas du tout compte de la saison, soyez vigilants car il peut s'agir de  de produits surgelés ou qui viennent de très loin. 

- Un menu complet à un prix trop bas est souvent suspect.

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- Si vous avez le moindre doute, n'hésitez pas à demander !

Il y a tant de restaurants en France qui servent des plats frais, délicieux et si bien cuisinés Il serait dommage de s'en priver !

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