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Walt Disney était-il un espion du FBI ?

Autocollants Disneyland Paris et FBI
Autocollants Disneyland Paris et FBI Tous droits réservés Canva
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Par Jonny Walfisz
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Cet article a été initialement publié en anglais

Le FBI a travaillé pour et contre des personnalités culturelles tout au long du XXe siècle. Mais le saviez vous, Walt Disney aurait été un espion du gouvernement.

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L'histoire de l'ingérence du gouvernement américain dans les arts est longue et riche en rebondissements.

Plusieurs musiciens ont été soupçonnés par le Federal Bureau of Investigation (FBI). Ce dernier avait ouvert des dossiers sur des rockstars comme John Lennon et Elvis Presley. Qu'il s'agisse de l'engagement de John Lennon contre la guerre du Vietnam ou de la capacité d'Elvis Presley à mettre ses fans dans tous leurs états, la plus haute branche de la sécurité intérieure aux Etats-Unis a estimé qu'il s'agissait de personnalités importantes à suivre.

Il y a aussi la longue liste d'artistes de couleur auxquels le FBI s'est intéressé, depuis l'époque où les dossiers du FBI recensaient la consommation de LSD de Jimi Hendrix jusqu'à la campagne nationale visant à empêcher N.W.A., un groupe de hip-hop, de jouer son tube "Fuck Tha Police".

Mais il a aussi été récemment prouvé que la CIA a promu des artistes modernistes comme Jackson Pollock et Mark Rothko entre les années 50 et 60, afin de prouver que les États-Unis étaient plus libres artistiquement que l'URSS.

C'est pendant la guerre froide que l'on trouve le plus d'exemples d'ingérence du gouvernement américain avec la culture.

Au plus fort de la "peur rouge", lorsque la Commission des activités anti-américaines du sénateur Joseph McCarthy ruinait la carrières de dizaines d'artistes, notamment de gauche, ces derniers étaient souvent contraints de vendre leurs pairs pour pouvoir continuer à travailler.

Toiles de l'expressionniste abstrait Jackson Pollock au musée d'art moderne de New York
Toiles de l'expressionniste abstrait Jackson Pollock au musée d'art moderne de New YorkMary Altaffer/AP2005

Lorsque le célèbre réalisateur d'Un tramway nommé désir, Elia Kazan, a dénoncé des collègues à la HCUA (House Committee on Un-American Activitie- Commission d'enquête de la Chambre des représentants sur les activités "antiaméricaines") en 1952, il a été publiquement mis à l'écart par de nombreux membres de son industrie, dont Orson Welles.

Après ce préambule, il est temps de se tourner vers l'un des noms les plus célèbres de la culture américaine : Walter Elias Disney, la fondateur de la célèbre Walt Disney Company. 

A l'époque Walter Elias Disney surfe sur une vague de succès, en plein âge d'or de l'animation. "Mickey Mouse" a été créé en 1928 et Walt Disney a déjà produit des succès tels que "Blanche-Neige", "Les Sept Nains"(1937) et "Pinocchio"(1940).

Walt Disney, deuxième à partir de la gauche, remet son croquis du masque à gaz de Mickey Mouse au général de division William Porter, à droite, à Washington, D.C., le 8/01/42
Walt Disney, deuxième à partir de la gauche, remet son croquis du masque à gaz de Mickey Mouse au général de division William Porter, à droite, à Washington, D.C., le 8/01/42AP/AP1942

Le 10 novembre 1940, le magnat des médias est recruté par le FBI pour espionner ses propres employés. Le FBI s'inquiétait alors de la présence d'agitateurs communistes aux États-Unis, à un moment où le pays hésitait à s'engager dans la guerre qui faisait rage en Europe. La correspondance entre Walt Disney et le FBI est aujourd'hui publique et on peut la consulter sur le site web du gouvernement.

On y apprend que Walt Disney fournit des informations visant à saper le travail des syndicats au sein de son entreprise.

Lors d'une grève des animateurs en 1941, Walt Disney a qualifié de communistes de nombreux animateurs devant le HCUA. Il aurait même laissé le directeur du FBI, J. Edgar Hoover, prêter ses idées créatives à certains projets. En retour, Walt Disney est autorisé à tourner dans les locaux du FBI, ce qui lui assure une protection continue contre l'État maccarthyste de l'époque.

En 1954, Walt Disney est nommé "Special Agent in Charge Contact". Il reste informateur du FBI jusqu'à sa mort en 1966.

Lorsque les informations sur son travail ont été déclassifiées, il est apparu qu'une grande partie du travail que le titan de la culture avait effectué avec le gouvernement concernait des films de propagande.

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